Un atelier de maquillage pour rencontrer sa beauté




Depuis plus de cinq ans, Charlotte Pellerin, alias « Ma copine Charlotte », propose des ateliers pour accompagner les femmes, avec le maquillage pour support. Un moyen de parler de soi, de beauté ou encore des relations humaines.



C'est au fond d’un square arboré, dans une banlieue parisienne, que nous arrivons chez « Ma copine Charlotte ». Au programme : un atelier de maquillage, mais pas seulement. Charlotte Pellerin propose « un accompagnement de la femme à un moment de sa vie », pour l’aider à trouver une juste posture, le plaisir d’être soi et le rayonnement qu’elle va donner au monde.


Infirmière depuis dix ans, Charlotte a éprouvé, il y a quelques années, le besoin de faire une pause et « de prendre soin des autres d’une autre façon ». Elle suivi un CAP Esthétique et est devenue conseillère chez Sephora. Dans un monde différent du sien, elle s’est émerveillée des rencontres humaines. « Les femmes ne viennent pas tant acheter des produits qu’une émotion, que voir quelqu’un qui va s’intéresser à elles. »


Charlotte s’adresse actuellement à trois types de femmes, dans trois moments-clés différents : le mariage, atelier pendant lequel une des témoins apprend à maquiller la future mariée pour le jour J ; le célibat, vécu plus ou moins facilement, pour lequel l’atelier est un temps de cocooning et d’introspection, qui permet de parler de l’éducation reçue, de l’amour, du couple ; la vie de maman, pendant laquelle le besoin de prendre du temps pour soi peut se faire particulièrement sentir.


La trentenaire va aussi se former en coaching et développe déjà un accompagnement en deux séances d’une heure et demie, pour des femmes qui ne se sentent pas prêtes à ce qu’on les touche. Il s’agit alors d’échanges, des ressources, des questions, pour amener doucement ces personnes à « fleurir ».


C’est pour un coaching individuel de deux heures que nous arrivons ce jour-là, dans une ambiance effectivement douce et chaleureuse, boisson chaude et fruits secs à grignoter à l’appui. Charlotte a une présence bienveillante et enveloppante. « Tu fais comme chez toi ! », invite-t-elle. On dirait qu’elle n’est presque pas maquillée, mais nous apprendrons à l’occasion de cet atelier qu’un bon maquillage est presque transparent. Il souligne la beauté sans guère la transformer.


Charlotte joue également un rôle « miroir » ; son nom de marque « Ma copine Charlotte », qui devrait bientôt évoluer, signifie en quelque sorte : « Tu vas devenir ta meilleure copine ». La suite logique étant : « Si tu te plais à toi, tu peux plaire à quelqu’un d’autre ».


La jeune femme nous demande de décrire qui nous sommes, quelle est notre famille, mais aussi quel est notre rapport au maquillage et celui des femmes de notre famille d’origine. « Le maquillage est souvent quelque chose qui touche les femmes dès la petite enfance : par exemple, elles veulent essayer le rouge à lèvres de Maman. Il les suit également plus tard, pour un entretien d’embauche, un date (un rendez-vous galant, ndlr), un mariage... Mais on n’apprend jamais à se maquiller. » L’idée est aussi de retrouver une forme de liberté et une vraie conscience des raisons pour lesquelles on se maquille. Est-ce un besoin ou non, un plaisir, une obligation ? « J’apprends autant aux femmes à se démaquiller qu’à se maquiller. »


En ce qui nous concerne personnellement, nous ne nous maquillons presque pas, sans en ressentir le besoin. Nous apprécions notre visage tel qu’il est, celui-ci présentant - l’atelier de colorimétrie l’a confirmé (lire aussi « Un atelier pour rayonner en couleurs ») ­- des couleurs très contrastées : peau très claire, cheveux et yeux sombres... Ayant la trentaine et le teint assez uni, nous ne ressentons pas encore le besoin d’atténuer les marques du temps.


Charlotte nous a demandé d’apporter nos affaires de soin et de maquillage, mais nous en avons très peu : une eau de rose, une crème hydratante, un rouge à lèvres, et un mascara resté à la maison et sûrement périmé ! « Je reçois les femmes telles qu’elles sont, souligne Charlotte. Venir avec un mascara qu’on s’est approprié est parfois plus cohérent qu’une trousse de maquillage débordante. »


Passons devant le miroir. Debout à côté de nous dans cet atelier individuel, Charlotte nous montre les bons gestes sur la moitié de notre visage, nous invitant à faire de même sur l’autre moitié.

La première chose à savoir est de se démaquiller, de l’intérieur vers l’extérieur du visage. D’autres étapes se succèdent en douceur, parmi lesquelles le travail des sourcils, que l’on ne soupçonnait pas forcément. Avoir les sourcils peignés et éventuellement épilés selon une courbe précise permet d’ouvrir le regard. Après cette action, notre regard nous semble comme agrandi et nos sourcils plus dessinés.


Afin d’unifier le teint - d'et éviter par exemple que le rose à lèvres ne fasse écho aux zones légèrement rosées de notre visage -, on dépose un peu de fond de teint sur le pinceau et on l’applique sur tout le visage. Pour chacun de ces gestes, Charlotte nous invite à manier ce pinceau avec délicatesse, non pas comme on ravale une façade, mais comme on joue du piano ou on fait de l’aquarelle...


Les autres étapes de cet atelier individuel se sont succédé. Quand nos proches nous ont vue en fin de journée, ils n’ont même pas remarqué le maquillage. Tant mieux, ils nous reconnaissent donc bien ! C’est davantage sur un « avant/après » intérieur qu’il s’agit de s’interroger : quelle expérience ai-je vécue ? Ici, c’est un sentiment de douceur et d’introspection que nous avons éprouvé, avec bien sûr des connaissances techniques utiles pour étoffer notre pratique du maquillage.


En ce qui nous concerne, nous n’allons pas commencer à nous maquiller tous les jours, mais pour le dimanche ou les occasions spéciales, nous saurons davantage comment rehausser le rayonnement singulier que Dieu nous a donné. Solange Pinilla


macopinecharlotte.commacopinecharlotte@gmail.com


Les ateliers ont lieu à Boulogne-Billancourt (92).



Lire le reste de Zélie n°67 - Novembre 2021


Crédit photo © Ma copine Charlotte

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