Accueillir les nouveaux baptisés
- Zélie
- 19 déc. 2025
- 5 min de lecture

Alors que le nombre de baptêmes d’adultes augmente en France, l’accompagnement des futurs et jeunes baptisés demande une attention particulière. Initiatives, idées et conseils, de la recherche de Dieu, aux années qui suivent le baptême.
Samedi 7 novembre 2025. Le Congrès Mission rassemble des milliers personnes dans la grande salle de l’Accor Arena de Paris Bercy (photo). Les premières personnes à prendre la parole sur scène - après la messe à laquelle 250 prêtres ont participé - sont deux néophytes, baptisés depuis peu. Alors qu’Hélène Handelsman s’est convertie notamment après avoir été touchée par la liturgie de la messe, le parcours de son mari Mehdi est un peu différent.
« Je suis né en Iran, dans une famille judéo-musulmane, explique-t-il. Je suis venu faire mes études à Paris. En faisant du bénévolat, j’ai remarqué que j’y croisais souvent des catholiques. J’ai rencontré Hélène, qui m’a proposé d’aller à un chemin de croix. Celui-ci m’a bouleversé. Je me suis inscrit au parcours Alpha, puis j’ai reçu le baptême cette année. »
Pour Farid Wahid, également d’origine iranienne, c’est la lecture de l’évangile de saint Jean qui a été un choc suffisant pour l’amener à demander le baptême. Lors d’une des tables rondes du Congrès Mission, il évoque néanmoins deux expériences désagréables à ce sujet. Alors qu’il était venu parler de son désir de devenir catholique à un prêtre après la messe, celui-ci lui a répondu : « Nous avons déjà suffisamment de difficultés avec notre communauté, nous ne sommes pas prosélytes ! » Un autre prêtre a eu tendance à « le mettre dans une case », le renvoyant à sa tradition musulmane.
Le Père Nicolas Rousselot, de l’église saint Ignace à Paris, rencontre souvent des personnes venues demander à devenir catholiques. Dans la même table ronde, il raconte : « Mon bureau est à côté de la sacristie, quasiment dans l’église. Quand quelqu’un vient me demander le baptême, je m’efforce de l’accueillir de manière inconditionnelle. Devant l’histoire parfois broyée de la personne, je déchausse mes chaussures. Même si celle-ci me dit des choses sur l’Église qui ne me semblent pas ajustées, j’accueille sa parole sans vouloir la "redresser" ».
Dans ses échanges avec ces personnes en quête de Dieu, il prête une attention particulière à leur enfance : « Souvent, leur foi est une expérience qui remonte à l’enfance. Une femme de 35 ans m’a parlé du rôle de sa grand-mère, pourtant décédée quand elle était petite. Notre enfance est une terre sainte, où l’on s’éveille à la vie et au mystère de l’autre. »
Nicolas Rousselot voit beaucoup de jeunes femmes musulmanes demander le baptême : « Elles vivent souvent un conflit de loyauté. Souvent, elles me racontent des expériences mystiques qu’elles ont vécues. Elles ont en elles une sorte de religion naturelle et veulent suivre Dieu et donner leur vie à ce Dieu d’amour. » Dans la paroisse saint Ignace, un groupe de regardants est proposé : « Viens et vois ». Il s’agit d’un sas avant le catéchuménat, pour ceux qui ne se sentent pas encore prêts à demander le baptême.
Parfois, la demande de baptême n’est pas formulée, mais une recherche de Dieu vit dans le cœur de la personne. Pour ces personnes en quête, la paroisse de Dinard (Côtes d’Armor) propose depuis plusieurs années les « Dimanches en paroisse ».
Aude Pialoux, engagée dans cette initiative, raconte lors du Congrès Mission : « Nous avons envoyé un sondage aux familles des écoles catholiques du territoire de la paroisse. Celui-ci a révélé que beaucoup n’étaient jamais allées à la messe, mais se disaient prêtes à y aller, si l’accueil était adapté. Cependant, lors de journées que nous avons organisées par la suite pour ces familles, elles nous disaient qu’elles aimaient les chants, les témoignages, mais ne nous parlaient pas de la messe. Nous avons alors remarqué qu’avec les foules, Jésus fait des guérisons, raconte des paraboles, mais il ne rompt le pain qu’avec ses disciples. »
La paroisse organise donc cinq fois par an le « Dimanche en paroisse », un événement qui ne comporte pas de messe, mais qui est « un lieu favorable pour une rencontre avec le Seigneur ». Le curé de la paroisse, le Père Bertrand du Rusquec, raconte à ce propos : « Une paroissienne m’a dit : "Mon Père, vous allez être très fâché, mais... je crois que finalement, je préfère la messe aux Dimanches en paroisse." » L’objectif semble ici atteint.
Une autre initiative pour accompagner les personnes vers le baptême, si elles le désirent, s’appelle le Réseau Charles de Foucauld. Amaury Rheinart, 26 ans, raconte lors d’une table ronde du Congrès Mission : « Il y a plus d’un an, avec un ami, Mayeul, nous avons lancé le compte @devenir_chrétien sur TikTok. Des centaines de personnes nous ont écrit qu’elles se posaient des questions sur Dieu. Nous nous sommes demandés qui elles pourraient contacter, car dans une église, il n’y a pas forcément un prêtre ou une personne disponible à l’accueil pour répondre à leurs questions. Nous avons donc créé un réseau de bénévoles missionnaires, dont le rôle est de prendre un café avec ces personnes en recherche, ou encore de les accompagner à la messe. »
Près de 500 missionnaires sont déjà actifs, coordonnés par une vingtaine de bénévoles. Amaury nous parle de Théo, 21 ans, qui habite Périgueux. « Il nous a contactés via le compte @devenir_chretien. Nous l’avons mis en relation avec Frédéric, 37 ans, qui habite aussi Périgueux, et qui est arrivé à la foi chrétienne il y a quatre ans. Il est donc devenu son référent pour aller avec lui à l’adoration, à des conférences, pour lui apporter de l’aide et des conseils, et, peut-être un jour l’accompagner vers le baptême ! »
Une fois la personne baptisée, il arrive qu’après le catéchuménat, elle ne se sente pas suffisamment accueillie, et qu’elle abandonne la pratique dominicale, ainsi que le montrent des études réalisées sur ce sujet.
Une des solutions à ce problème est de cultiver davantage la fraternité dans la paroisse. A Dinard, le Père Bertrand du Rusquec a proposé un effort aux fidèles pour le jubilé de l’espérance : « Je leur ai suggéré de changer de place à la messe, et avant, le signe de croix, de parler à leur voisin. Une dame, réticente au début, m’a raconté qu’un jour, elle s’était assise inhabituellement au fond de l’église. En discutant avec sa voisine de chaise, elle s’est aperçue qu’elle était sa voisine de rue également ! Celle-ci lui a dit que c’était la troisième fois qu’elle allait à la messe. Elles se sont revues, et depuis, la voisine y a va tous les dimanches ! »
Anne-Claire Long, intervenante dans une table ronde, raconte qu’à une messe, elle a aperçu un jeune qu’elle n’avait jamais vu. A la fin, elle était allée vers lui et lui a demandé s’il avait le numéro du responsable du groupe de jeunes professionnels de la paroisse ! Ils ont bu un verre ensemble.
Rencontres et gestes, mis bout à bout, donnent aux assoiffés de Dieu de quoi répondre à leur quête et poursuivre leur chemin avec Jésus. Solange Pinilla
Astuce Le Catho starter pack et le Petit guide de la messe sont deux livres très courts et pédagogiques, parus aux éditions Téqui, qui aideront les futurs et jeunes baptisés ainsi que les recommençants à mieux comprendre le langage des catholiques et celui de la messe. S. P.
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Photo © Illian Callé/Congrès Mission










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