Un atelier pour rayonner en couleurs


Avez-vous plutôt une beauté solaire ou une beauté lunaire ? Selon la couleur des vêtements que vous portez, celle-ci sera plus ou moins mise en valeur. Pour connaître quelles couleurs amènent la lumière sur notre visage, Bénédicte Delvolvé a créé les ateliers Illuminessence. Reportage.

Un drôle de ballet se déroule en ce chaud après-midi de juillet dans un appartement parisien. Trois femmes s’assoient tour à tour devant le miroir, tandis qu’une quatrième pose sur elles de grandes étoffes colorées. Il s’agit d’un atelier « Couleurs et rayonnement » proposé par Bénédicte Delvolvé. Le but : trouver pour chacune la saison à laquelle elle est reliée, en fonction des couleurs qui lui vont.

« Le rayonnement de notre peau diffuse une couleur dorée ou argentée, explique la jeune femme, qui propose ces ateliers d’accompagnement depuis deux ans. Mieux vaut donc porter des couleurs qui vont permettre à la lumière d’arriver sur le visage : les couleurs froides de l’hiver et de l’été pour un rayonnement argenté, les couleurs chaudes du printemps et de l’automne pour un rayonnement doré. »

C’est son histoire qui a conduit Bénédicte Delvolvé à créer ces ateliers pour mettre en valeur la beauté des femmes. « Cela n’a pas été simple pour moi de me découvrir jeune femme, raconte-t-elle. J’étais très timide ; m’habiller était un casse-tête. » Infirmière, Bénédicte est invitée par une amie à un atelier Couleurs à Nantes. « J’ai découvert que je me sentais bien dans certaines couleurs, et dans d’autres non. Avant, j’avais tendance à aller vers des couleurs vives et chaudes pour être vue, mais en fait, il me faut des couleurs plus douces ! J’ai eu envie de faire bénéficier de ces ateliers à d’autres personnes, et je me suis formée à la colorimétrie avec la méthode La Métamorphose. »

Bénédicte en a fait son activité principale, et propose deux types d’ateliers : « Matières et formes » et « Couleurs et rayonnement », soit ouvertes à tous, soit en groupe privé ou en individuel. Elle participe aussi à des sessions et événements.

C’est à un atelier sur les couleurs que nous participons donc pendant cette longue après-midi estivale. Nous sommes trois participantes, parmi lesquelles Marie-Claire, la soixantaine, et Albane, trentenaire – Bénédicte accueille généralement jusqu’à six personnes. Autour d’un jus de fruits et de biscuits, Bénédicte évoque l’histoire de la « coloranalyse ». C’est l’artiste suisse Johannes Itten, qui, dans les années 1920, établit un lien entre la palette des couleurs, les quatre saisons et la personne humaine. Il a en effet observé que chacun de ses étudiants utilise sa propre palette, composée de couleurs harmonieuses entre elles, différente de la palette du voisin, et en relation avec sa propre carnation.

Deux décennies plus tard, la créatrice de mode américaine Suzanne Caygill affirme que « les êtres humains portent des informations sur leur personnalité et leur style dans leur coloration naturelle – les pigments de leur peau, de leurs yeux et de leurs cheveux – et ces couleurs sont liées aux harmonies colorées de la nature ». En effet, avant de créer une tenue, elle peint sur une toile le teint du client, et constate un relation entre la personnalité, le style et la couleur. Elle enseigne ensuite la « coloranalyse ».

Chaque personne humaine, dont la peau, les cheveux et les yeux forment une harmonie commune – d’où l’importance de reproduire la couleur capillaire originale quand on fait une teinture –, a une beauté unique créée par Dieu, selon Bénédicte Delvolvé. Cette beauté révèle quelque chose de l’intérieur. « Ainsi, tandis que le soleil a un rayonnement direct, la lune absorbe la lumière avant de la redonner. Les personnes au rayonnement argenté ont souvent une personnalité qui prend un temps de recul ». En effet, quand nous entrons dans une pièce, notre peau émet une lumière.

Selon la saison à laquelle on appartient, on va choisir des couleurs de rouge à lèvres et d’ombre à paupière différentes, qui vont s’harmoniser parfaitement à notre carnation. Par exemple, des lèvres rouge orangé ne seront pas tape-à-l’œil sur une personne « Automne », mais sans doute davantage sur une « Hiver ». « Pour celles qui sont Printemps ou Eté, il n’y a pas forcément besoin de se maquiller, car les couleurs sont déjà intenses » affirme Bénédicte Delvolvé. On dit parfois que porter du vert rend le teint blafard : tout dépend de quel vert il s’agit, s’il illumine ou éteint le visage. à noter enfin : la colorimétrie fonctionne quelle que soit la couleur de peau et le sexe de la personne ; Bénédicte Delvolvé a déjà mené des ateliers pour hommes.

Place à la pratique : d’abord, comment fait rayonner sa beauté intérieure ? Encore faut-il s’interroger sur celle-ci. « Plus j’apprends à m’aimer, à m’accepter telle que je suis, plus je rayonne vers l’extérieur, et plus j’ose être unique, j’ose être moi ! » souligne Bénédicte Delvolvé. Pleine de bienveillance pendant tout l’atelier, elle nous propose de noter trois qualités qui nous caractérisent – mais on pourrait en lister davantage – ainsi qu’un verbe. Puis de compléter cette phrase : « Si j’étais un animal, je serais... » et « Si j’étais une fleur, je serais... »

Tandis qu’Albane – dont l’employeur lui a offert une journée annuelle de ressourcement ! – s’assoit devant un miroir en pied, bien éclairée par la lumière du jour, Marie-Claire et nous-même nous plaçons pour la prendre en photo et noter les couleurs qui lui vont.

Albane, qui a d’ailleurs les cheveux châtains et les yeux noisette, est couverte successivement d’étoffes de nuances de bleu, correspondant à quatre saisons différentes : bleu roi (pour l’hiver), bleu doux (pour l’été), bleu lavande (pour le printemps) et bleu ardoise (pour l’automne). Sans préciser la saison pour ne pas être influencées, nous sommes invitées à observer quelle couleur met le plus son teint en lumière – et non pas ses yeux ou cheveux. Est-ce que la couleur s’harmonise avec sa carnation ? Est-ce que la démarcation entre le tissu et le cou est agréable à l’œil ? Voit-on d’abord son visage ou le vêtement ?

Sur Albane, certaines couleurs éteignent son visage, quand d’autres l’allument. Certaines brouillent ses traits, d’autres les rendent plus purs. « Cette couleur te retient au sol ; celle-ci te met en mouvement » indique Bénédicte. Au début, distinguer ces nuances n’est pas évident, mais avec l’aide de notre spécialiste, notre œil perçoit mieux ces subtilités. Pendant plusieurs heures, les observations des unes et des autres se succèdent : « Avec cette couleur, cela fait déguisement », « Ce rose-ci est bien », « Le fuchsia vous donne un port de tête extraordinaire », « Cette couleur sur vous fait « chemise de nuit » », « Vous dépassez la couleur, on ne voit que vous ! ».

Il faut le vivre de l’intérieur pour ressentir les émotions qui jaillissent pendant cet atelier. Quand nous nous asseyons devant le miroir, Bénédicte nous observe : « Vous, vos yeux sont noisette, mais profonds ! Et vous avez une magnifique chevelure brune, presque noire. » Et lorsqu’un tissu est posé sur nous, certains conviennent, d’autres non. Quand une couleur amène la couleur sur notre visage, une drôle de joie amène soudain un nouveau regard sur nous-même, un émerveillement. Vêtue de bleu électrique, de vert sapin, de violet cardinal, d’argenté ou de blanc pur, nous nous sentons belle !

Pas besoin d’artifice ou de maquillage pour faire rayonner notre beauté, celle-ci – qu’on a souvent du mal à ressentir au quotidien, entre fatigues et préoccupations – parle d’elle-même ! Et ce qui touche particulièrement, c’est que cette beauté est unique ; elle est un don ; elle n’est pas fabriquée, mais reçue directement de Dieu. Elle ne dépend pas du regard d’autrui mais plutôt de notre regard qui reconnaît la marque du divin.

Le sommet arrive lorsqu’un tissu noir nous revêt : « Sur vous, le noir est une couleur ! affirme Bénédicte. J’ai rarement vu cela. » Le verdict arrive : nous sommes une « Hiver », ce sont les couleurs vives et intenses de cette saison – bleu roi, fuchsia, jaune citron ou encore rose rouge – qui nous illuminent le mieux. Avec un fort contraste entre notre teint clair et nos cheveux sombres, nous sommes du type « Blanche-Neige » ! Il est certain que cela est plus valorisant que de se voir comme une « fille au teint un peu pâle et aux cheveux bruns »... Bonne nouvelle pour les années à venir : les cheveux gris illuminent un visage Hiver.

Bilan de l’atelier : deux « Hiver », Albane et nous-même, et une « Automne », Marie-Claire, qui a d’ailleurs les yeux bleus et les cheveux châtains.

Repartant chacune avec le nuancier des couleurs qui nous vont, mais aussi celui des autres saisons, nous pourrons faire du tri dans notre armoire, et aller à l’essentiel lorsque nous achèterons un vêtement ! En ce qui nous concerne, nous observerons dans les jours suivants que, convaincue de porter des couleurs qui illuminent notre visage, nous nous sentirons plus sûre de nous et plus belle. « Porter ses couleurs, c’est une façon de se respecter », affirme Bénédicte Delvolvé. Se sentant unique, on n’éprouve plus – du tout – le besoin de se comparer ! Dieu est un grand Artiste. Solange Pinilla

4 saisons et des centaines de couleurs

Les couleurs dorées du printemps sont joyeuses, pétillantes et légères. « Les personnes à qui vont ces couleurs sont des personnes au teint rosé et au regard pétillant, explique Bénédicte Delvolvé. On rencontre beaucoup de personnes « Printemps » dans les pays du Nord ou de l’Est. Ce sont les couleurs du chanteur Stromae, qu’il porte toujours : peut-être est-ce lié au fait que sa femme est styliste ! »

L’été est le temps de l’épanouissement, de la contemplation et du repos. Le soleil est au zénith, un léger voile couvre le paysage. Tout est calme, harmonie et rêverie. On va trouver des couleurs argentées, avec des camaïeux de bleu et de rose.

En automne, les couleurs dorées sont profondes, enveloppantes, chaleureuses. Elle conviennent à un teint doré. C’est la saison la plus courante chez les personnes en France. Elles sont souvent reliées à des personnes accueillantes et généreuses. On retrouve ces couleurs chez Julia Roberts par exemple.

L’hiver est la saison des contrastes, à cause de la faible lumière : par exemple, entre la neige et les arbres. Les couleurs, argentées, sont vives et pures. C’est la seule saison où l’on retrouve le noir et le blanc. Coco Chanel était « Hiver » ; c’est elle qui a contribué à lancer la fameuse « petite robe noire », mais en réalité, le noir ne convient pas à tout le monde ! Mieux vaut porter sinon du bleu marine.

Chaque saison est elle-même divisée en trois ou quatre catégories : claires ou sombres, légères ou profondes, ou encore vives ou sourdes. On peut être parfois sur deux saisons ; et l’on reste bien sûr libre de se situer dans ce système de couleurs ou non, qui doit aider et non pas enfermer. Et si on s’attriste de ne plus porter certaines couleurs qu’on aime, on peut toujours les utiliser en décoration d’intérieur ! S. P.

Contact : www.benedictedelvolve.com

Crédits photo : (c) Agnès de Saint Victor

(c) S. Pinilla

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