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Mélissa : « Dans la confession, Dieu nous relève »

  • 15 juil.
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 heures



Etudiante de 18 ans, Mélissa Delvallez raconte son appréhension pour le sacrement de la réconciliation, et la façon dont elle a senti la main de Dieu l’accompagner.


Souffrant d’une addiction, elle a également demandé le sacrement des malades, reçu en avril 2026 ; elle a vu ensuite des bénéfices pour sa vie spirituelle et corporelle.



« Née d’une mère un peu croyante mais non pratiquante et d’un père athée, ma conversion s’est faite progressivement au fil de mon adolescence.


Malgré tout, quelques petites graines avaient été semées par ma mère : quelques années de catéchisme lorsque j’avais une dizaine d’années, les sacrements du baptême et de la première communion reçus le 1er juin 2019, à l’âge de 11 ans, ainsi qu’un CD des poèmes de Sainte Thérèse de Lisieux... Jésus désirait plus que tout se faire une place dans mon cœur, et peu à peu mon cœur se laissait toucher.


Puis la période compliquée de l’adolescence est arrivée : mauvaise estime de moi-même, blessures affectives, amitiés destructrices, solitude, conflits familiaux... Je ne m’aimais pas et j’avais complètement oublié l’amour que Dieu avait pour moi. Je n’avais pas encore vraiment expérimenté combien il est bon de l’aimer.


La grâce a pourtant travaillé mon âme petit à petit durant mes années de lycée. Je me suis posée à nouveau la question de ma foi au contact d’une très bonne amie musulmane, et j’ai découvert du contenu chrétien sur les réseaux sociaux.


J’avais peu de connaissances religieuses et j’étais entourée d’athées, voire d’anticléricaux. Mais plus j’entendais parler de Dieu, plus j’avais soif de lui ; je touchais du bout des doigts ce qui pouvait me procurer un bonheur profond et véritable. Je me suis progressivement formée seule, et cela est devenu une évidence : je voulais aimer et suivre le Christ.


Je portais malgré tout un lourd bagage de blessures, notamment une addiction présente depuis de nombreuses années, qui me rendait profondément malheureuse, me blessait et me renfermait sur moi-même.


Je savais, grâce à ma formation personnelle, que la confession pouvait me libérer, me réconcilier avec le Seigneur et me permettre de recevoir Jésus dans l’Eucharistie.


Mais j’avais peur ; j’étais tétanisée. Je n’allais pas encore souvent à la messe, je ne connaissais ni vraiment le prêtre ni les paroissiens. J’avais beau lire et relire le déroulement du sacrement de la réconciliation, j’avais peur de faire une erreur, de paraître ridicule, d’être jugée pour mes fautes - j’ai souffert de phobie sociale pendant plusieurs années : une peur extrême et irrationnelle du regard des autres.


En décembre 2024, je priais régulièrement, je passais peu de temps sur mon téléphone et je cherchais à faire le bien. Je garde un doux souvenir de ce mois. Sur le programme de la paroisse, je découvre que pendant toute la période de l’Avent ont lieu des messes de l’aurore le samedi matin, éclairées à la bougie, suivies d’un petit-déjeuner avec les paroissiens et d’un temps de confession.


Je me suis dit que c’était l’occasion idéale d’y aller puisque le prêtre en parlerait naturellement à la fin de la messe ; ce serait donc plus facile pour moi de savoir où aller et comment cela allait se passer.

La veille au soir, j’ai dit à ma mère, un peu en plaisantant mais avec une réelle appréhension : « Il faudrait que quelqu’un me pousse jusqu’au prêtre pour que j’aie le courage d’aller me confesser. »


Je sais que l’Esprit Saint était avec moi ; c’était déjà immense pour moi de prendre le bus seule, d’aller dans cette église où je ne connaissais personne et d’oser parler avec les paroissiens. Et là, une petite dame m’a demandé : « Vous comptez vous confesser aussi ? »


Je lui ai répondu, hésitante, que oui, j’aimerais bien mais que je n’osais pas trop. Alors cette petite dame m’a attrapée par le bras et m’a conduite juste devant le prêtre : « Bonjour mon Père, je vous amène la demoiselle qui aimerait se confesser pour la première fois. »


Grâce du Bon Dieu presque amusante : voilà ma première confession. Quelle angoisse au départ, mais quelle paix en sortant du confessionnal ! Je n’arrêtais pas de sourire sur le chemin du retour. Moi, pauvre pécheresse qui avais délaissé le Seigneur pendant des années, qui ne m’aimais pas et ne me sentais pas toujours aimée, moi qui avais commis tant de fautes... Le Seigneur venait me montrer son amour, me donner Son Pardon et Sa Force pour me relever. Il me disait : « Va en paix et ne pèche plus. »


Aujourd’hui, après avoir passé une année entière à l’école de Vie Don Bosco (année de césure catholique), j’ai pris l’habitude de me confesser très régulièrement : au moins une fois par mois, et parfois une fois par semaine dans les périodes plus difficiles.


C’est un sacrement dont il ne faut pas se priver et pour lequel il faut rendre grâce au Bon Dieu : on vient lui déposer nos misères, nos manques d’amour, nos souffrances, sur lesquels il se penche dans sa grande Miséricorde pour les effacer entièrement. Il nous relève, nous renouvelle, et nous repartons en paix. Les paroles du prêtre pendant la confession apportent souvent beaucoup également.


Depuis cette première confession, ma relation avec le Christ a été rétablie ; alors elle a vraiment grandi et ma conversion s’est poursuivie.


Cette année, en avril 2026, après avoir été tant changée et transformée par le Seigneur à travers ses sacrements - la confession et l’Eucharistie quotidienne notamment - et l’exercice des vertus, nous devions partir, avec l’école de Vie Don Bosco, pour une semaine à Lourdes afin d’accompagner des malades en pèlerinage.


Un an auparavant, souffrant terriblement de mon addiction, j’avais eu un entretien à Lourdes pour recevoir le sacrement de l’onction des malades. Le prêtre y était favorable mais préférait que je me prépare et le reçoive ensuite dans ma paroisse habituelle, à mon retour. Malheureusement, je n’ai jamais osé en parler à mon prêtre et, au fil des semaines, j’ai fini par oublier cette idée.


Le combat contre mon addiction a continué ; il y a eu des mois où, enfin, je pouvais vivre sans, mais je rechutais souvent violemment.


Alors cette année, après un mois particulièrement difficile de rechutes, alors que je sentais le désespoir reprendre le dessus, j’ai repensé à l’onction des malades ; sacrement que nous avions d’ailleurs bien étudié à l’école de Vie. J’en ai parlé avec ma directrice et mon confesseur, et voilà : j’allais recevoir ce sacrement !


À Lourdes, j’en ai parlé à l’aumônier des jeunes. Il m’a lui aussi donné son feu vert et m’a proposé une préparation que j’effectuais le soir, après le service auprès des malades.


Jusqu’au dernier moment, ce fut un peu stressant car je n’étais pas correctement enregistrée sur les listes : je me suis retrouvée à la messe sans l’étiquette prouvant que j’étais « éligible » à ce sacrement. Mais le Seigneur m’a apaisée et tout s’est bien déroulé.


Un prêtre s’est approché de moi pour me signer le front et m’imposer les mains : « Par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint. Ainsi, vous ayant libérée de tous péchés, qu’il vous sauve et vous relève. »


J’ai fondu en larmes. J’étais envahie d’une paix profonde et d’une ferme espérance : le Seigneur était là, il ne m’abandonnerait pas dans ce combat, et à ses yeux j’étais son enfant bien-aimée, qu’il voulait me remettre debout.


Je goûtais la tendresse de Jésus pour moi, mais aussi pour tous les petits, les pauvres, les affligés et les malades qui m’entouraient.


Je suis encore profondément émue de toutes les grâces que j’ai reçues... ! Cela fait maintenant presque un mois que je n’ai pas rechuté. Mais surtout, le mal lié à cette addiction n’a plus l’apparence séduisante qu’il pouvait avoir auparavant. Comme si l’Esprit Saint, par sa Lumière, révélait totalement le mensonge du Mal. Lorsque des tentations surgissent, je vois tellement clairement la souffrance qu’elles pourraient engendrer que l’envie finit par disparaître.


Le combat n’est pas terminé, mais le Seigneur est avec moi, à mes côtés : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? »


Par les sacrements, celui de la réconciliation, de l’Eucharistie, de l’onction des malades et, récemment encore, celui de la confirmation, je goûte chaque fois quelque chose de l’amour de Dieu pour moi et pour toute l’humanité. Mon âme peut chanter les psaumes et tressaillir de joie dans l’action de grâce devant tant de bonté et de merveilles avec tous les saints et les anges du Ciel !


On peut aussi y puiser la force de suivre le Christ : « Je puis tout en Celui qui me fortifie », et faire triompher, en communion avec toute l’Église catholique, la civilisation de l’amour. »


Texte recueilli par S. P.




Photo © Coll. particulière

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