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[Témoignages] L’onction des malades, pour davantage de vie

  • il y a 4 jours
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 22 heures



Gloria et Véronique ont reçu chacune le sacrement des malades. Elles ont vu des grâces imprévues en jaillir, et avoir même des effets leur santé.



Véronique, 59 ans : « Ce sacrement m’a donné une force intérieure immense »


« À 57 ans, ma vie a été chamboulée lorsque l’on m’a diagnostiqué un cancer du pancréas de stade 3. Les médecins étaient très prudents quant à mon avenir. Le corps médical ne lâchait rien dans les traitements, mais humainement, la situation semblait presque désespérée même si on ne me l’avait pas dit ouvertement.


C’est dans cette épreuve que j’ai reçu l’onction des malades. J’ai choisi pour ce temps fort un prêtre qui m’a accompagnée pendant des années en tant que conseiller spirituel au sein des Équipes Notre Dame. Lorsque je l’ai appelé pour lui demander l’onction, il m’a dit : "Enfin, j’attendais que tu me le demandes, il fallait que ça vienne de toi" - il s’était écoulé 6 mois.


Ce sacrement a profondément transformé ma manière de vivre la maladie. Il ne m’a pas seulement apporté du réconfort : il m’a donné une force intérieure immense. La force de me battre toujours plus fort, de ne jamais abandonner, de continuer à croire que, avec Dieu à mes côtés, tout est possible.


Depuis le début de la maladie, je n’ai jamais ressenti de colère au fond de moi, pas de sentiment d’injustice, ni même de véritable peur. À la place, une paix intérieure m’habitait et m’habite toujours. Une paix difficile à expliquer, presque physique parfois : la sensation que Dieu me tient la main à chaque étape.


Je me souviens particulièrement d’un jour dans la salle d’attente de mon oncologue. J’attendais les résultats d’un scanner après vingt-cinq séances de radiothérapie. Mon cœur battait très fort. J’avais dans ma main une petite croix de réconfort que je serrais intensément. Et à cet instant précis, j’ai ressenti comme une main qui serrait la mienne. Au fond de moi, je l’ai su : Dieu était là. Présent comme un Père qui accompagne, soutient et aime.


Aujourd’hui, cela fait deux ans. Ma réponse au traitement est qualifiée d’exceptionnelle. Mon oncologue m’a dit un jour avec un sourire : "Nous faisons une bonne équipe... mais surtout, vous avez une bonne étoile."


Moi, je sais surtout que je n’ai jamais marché seule. »



Gloria, 76 ans : « Des germes de résurrection »


« Comme je reçois souvent le sacrement des malades, je viens vous partager des effets de cette grâce.

 

Handicapée depuis l’âge de 23 ans suite à un accident, et condamnée par la médecine depuis des années, je suis toujours là. D’un sacrement à un autre, Jésus me redonne vigueur, joie et force. D’abord par l’Eucharistie dont je ressens souvent les bienfaits, même physiquement, de la venue de Jésus en moi.


Je n’ai pas compté combien de fois j’ai reçu le sacrement des malades, à chaque fois que j’ai été mourante, et plusieurs fois j’ai été vraiment ranimée par la puissance de ce sacrement. Jésus Ressuscité nous donne d’expérimenter des germes de résurrection, anticipant ce que sera notre propre résurrection.


Plusieurs fois, j’ai eu d’autres accidents, encore récemment et à chaque fois mon père spirituel m’a donné le sacrement des malades et j’ai eu des améliorations inexplicables pour la médecine. Sinon je ne marcherais plus. Mais même quand le Seigneur ne donne pas de signes d’amélioration physique, toujours il nous donne une grâce, soit de force, d’être renouvelés par son Amour pour une plus totale oblation. C’est ce que j’expérimente.


Plusieurs fois, un fruit a été que mon cœur soit élargi aux dimensions de l’Eglise et du monde. Une expérience forte de la communion des saints, me donnant par grâce d’être détournée de mes souffrances pour demander que d’autres soient soulagés à ma place ; je pense à nos frères persécutés dans tant de pays, car ce sont eux qui portent l’Eglise, mais Jésus a aussi besoin de notre fidélité pour eux. C’est le trésor de la communion des saints.


Grâce à saint Jean Paul II, j’ai été confirmée sur le sens missionnaire de la souffrance et plusieurs fois après un sacrement des malades, j’ai reçu un appel à aller plus loin dans l’offrande silencieuse et cachée, accompagné d’une paix et d’une joie qui me dépassent et sont données par surcroît.


J’ose dire que le sacrement des malades est un sacrement plein de surprises, car Jésus libère des grâces imprévues, des joies inattendues, en nous unissant plus étroitement à Lui, car Il m’est arrivé d’être tentée de découragement et d’amertume après une nouvelle maladie, et par cette onction des malades, j’ai compris que sa Croix n’est pas une Croix de mort mais une Croix de vie, car il a tout pris sur lui et il peut tout transfigurer, quand il veut et comme il veut, car son Amour est tout-puissant.


Comme l’a dit un jour Benoît XVI à Cracovie en 2006 : "Celui qui mise tout sur l’amour crucifié du Verbe incarné ne peut pas perdre."

 

Pour conclure, permettez-moi de citer aussi saint Jean-Paul II s’adressant aux malades à Lourdes en 1983 : "Le plus beau geste reste à faire, celui de l’oblation. L’offrande effectuée par amour du Seigneur et de nos frères permet de se perdre dans l’amour du Christ et de la très sainte Trinité, pour l’humanité... Chers frères et sœurs souffrants, repartez fortifiés et rénovés pour votre mission spéciale !"


Il me semble que cette parole exprime bien ce que produit le sacrement des malades dans ma vie et je pense dans la vie de beaucoup d’autres. Alléluia ! »


Textes recueillis par S. P.


Eclairage // À qui l’onction des malades est-elle destinée ?


Sacrement où le Christ fortifie l’âme et parfois le corps des baptisés, l’onction des malades est destinée à celui qui est « parvenu à l’usage de la raison, commence à se trouver en danger pour cause de maladie ou de vieillesse » (Code de droit canonique, n°1004).


Il s’agit donc d’avoir une maladie physique et psychologique pouvant entraîner la mort à court ou long terme - et le grand âge est vu comme tel. On reçoit l’onction une première fois au début de la maladie et on peut, pour le même mal, la recevoir à nouveau si l’état s’aggrave.


Insérant la force divine dans la faiblesse humaine, elle est un vrai cadeau. Incitons nos proches concernés à la recevoir, avec si possible la confession et la communion, comme signes de la proximité et de la compassion du Christ ! Abbé Vincent Pinilla




(Illustration : "Il guérit les boîteux" de James Tissot/Wikimedia commons)

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