Marie et Henri Richer, un mariage extra-ordinaire
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Mariés depuis une dizaine d’années, Marie et Henri Richer ont une particularité : chacun a un handicap différent et se déplace en fauteuil roulant. On peut lire leur émouvant témoignage, au milieu d’autres, dans le livre Nous, couples, qui sommes sur terre (Artège).
Pour Zélie, Henri et Marie répondent à nos questions sur le sacrement de mariage reçu en août 2015.
Zélie : Pourriez-vous nous raconter ce qui vous a amenés à demander le sacrement de mariage ?
Marie Richer : Nous nous sommes rencontrés au lycée, car nous habitions Angers et nous faisions nos études en région parisienne. La maman de Henri est venue me voir pour demander si nous pouvions faire nos trajets en train ensemble. Nous avons vécu une grande amitié pendant un an, et de fil en aiguille nous sommes tombés amoureux.
Le cheminement vers le mariage a été assez long, car nous voulions d’abord attendre d’avoir un travail et une indépendance financière.
Nous sommes issus tous les deux d’une famille chrétienne. Pour ma part, j’ai reçu la foi dès le plus jeune âge, avec la prière tous les soirs et les bénédicités ; j’ai un frère prêtre. Pour nous, il était impensable de ne pas nous marier à l’église.
Henri Richer : Né également dans une famille chrétienne allant à la messe tous les dimanches, je pensais également que nous trouverions la plénitude de notre chemin et de notre vocation à travers le sacrement de mariage. Que le Seigneur nous accompagne était un signe fort.
Quel moment de la messe de votre mariage vous a particulièrement marqués ?
Henri : Une anecdote a fait rire nos plus proches : étant donné que j’ai parfois des problèmes pour distinguer ma droite et ma gauche, quand nous nous sommes remis nos alliances, j’ai voulu mettre l’alliance à la main droite de Marie ! Mon père m’a soufflé : « C’est l’autre main ! » Cela montrait aussi l’émotion de ce jour, où j’ai senti l’action de Dieu dans ma vie.
Marie : Henri est la plupart du temps en fauteuil, et ne marche qu’avec des béquilles. Ce jour-là, il a remonté la nef debout, en se tenant à sa maman et au prêtre qui nous mariait. Ce geste a été très fort pour moi. Il était là, il était prêt à tout affronter.
Quels fruits avez-vous reçus de ce sacrement ?
Henri : L’espérance. Par la santé fragile de Marie, nous avons vécu un certain nombre d’épreuves en dix ans de mariage. Mais nous avons toujours l’espérance en des lendemains meilleurs et en Dieu. Sans la grâce de Dieu, je ne me serais pas marié.
Marie : L’accueil. De par notre histoire, nous ne pouvons pas avoir d’enfants. Notre porte est ouverte à tous. Ceux qui viennent disent se sentir bien chez nous. Ils sont toujours prêts à nous aider. Nous ne faisons pas vraiment d’effort pour cet accueil, qui est sans doute une grâce.
Vous avez tous les deux un handicap. En quoi est-ce une chance, mais aussi un défi pour vivre la grâce du mariage ?
Henri : Le fait d’avoir des histoires de vie similaires - tout en ayant des handicaps très différents -, cela rapproche et favorise la communion et l’écoute. Le handicap est aussi un défi, car il y a des choses que nous ne pouvons pas faire par nous-mêmes. Nous devons faire confiance.
Marie : Sans notre handicap, nous ne nous serions pas connus. Rencontrer Henri est la plus belle chose qui me soit arrivée ! Propos recueillis par S. P.
Photo © Coll. particulière






















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