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Camille Massin, fleuriste dans l’âme

  • 6 mai
  • 4 min de lecture


« J'ai toujours été attirée par la nature, raconte Camille Massin, quadra aux cheveux bruns qui se décrit comme hypersensible. Petite, je voulais devenir parfumeuse pour passer du temps dans des champs de fleurs. Ou bien bûcheronne ou experte forestière, afin de travailler en forêt. Après le bac, un peu pour faire plaisir à mes parents, j’ai fait des études de pharmacie, et je me suis passionnée pour la botanique. »


Finalement, Camille atterrit dans le monde des assurances et travaille pendant quinze ans chez Groupama, à Lille puis à Paris. Printemps 2020 : le confinement est annoncé, Camille, son mari et leurs enfants se rendent dans une maison en Bretagne. Là, ils ne se voient plus revenir à Paris. Armés d’un compas, ils choisissent une région qui leur permette de poursuivre leurs emplois à Paris ; ils se décident pour la Touraine, à une heure de TGV de la capitale, riche en nature et en patrimoine.


« Nous avons emménagé dans une maison avec un très grand jardin fleuri au milieu des vignes, à Vouvray, près de Tours, narre Camille. Peu à peu, je me sentais moins en phase avec mon travail, donc j’ai débuté un bilan de compétences avec une psychologue. »


Grâce à cette professionnelle, Camille se rend compte que ce qui la fait beaucoup vibrer, c’est le monde des fleurs. Elle débute un CAP Fleuriste à Tours, pendant sept mois. En juin 2022, elle lance son atelier floral à Vouvray, Botanicâme : « La botanique soigne l’âme ! J’en sais quelque chose, car j’avais fait un burn-out. » Elle ajoute : « J’ai trouvé ma passion à 40 ans. »


La fleuriste dispose d’une pièce de sa maison pour son atelier. « Je n’ai pas de pas-de-porte - c’est-à-dire de boutique -, mais cela arrive que des personnes viennent dans mon atelier. 90 % du temps, je réalise des bouquets et des compositions sur commande. »


Un samedi par mois, Camille organise un « apéro fleuri » : pendant deux heures, les personnes réalisent une composition florale, un centre de table ou un bijou avec des fleurs. Puis un vigneron vient présenter son chenin, le cépage de Vouvray ; tout le monde boit et déguste des produits locaux.


Par chance, une annexe de Rungis se trouve à Saint-Pierre-des-Corps, non loin de chez elle. Elle va y acheter des fleurs, prioritairement françaises. « Je me fournis également dans une ferme florale spécialisée dans les pivoines, près de Tours », précise Camille.


« J’aime la beauté éphémère de la fleur, confie-t-elle. La Création se révèle en elle. J’apprécie aussi de voir changer les fleurs à chaque saison : toutes ces couleurs et ces odeurs font qu’on ne s’ennuie jamais ! Par exemple, depuis le mois de janvier, c’est la saison des hellébores. Elles sont magnifiques ! J’aime aussi les pivoines, et puis les iris, qui ont des couleurs incroyables : rose saumon, bleu violet... »


Toute saison a des fleurs, même en janvier ou février, où l’on peut trouver des anémones, des renoncules ou des chardons. « J’essaie aussi de regarder la nature, le jardin, la forêt, et de reproduire les couleurs de la saison », explique la fleuriste.


Pour conserver ses fleurs au mieux, elle se rend chez le grossiste le jeudi, achète la juste quantité, les dispose dans son atelier où il fait frais, et en utilise beaucoup dès le week-end, pour les événements où on lui a commandé des compositions : mariages, deuils, anniversaires...


« Quand je me mets à créer, le temps s’arrête. Je m’inspire de la forme de la fleur, et mes mains créent toutes seules, sans réflexion préalable. La plupart du temps, les personnes se fient à mon savoir-faire, sauf s’il y a une demande spécifique. Par exemple, pour le obsèques d’un homme passionné par le château de Chambord, j’ai réalisé un dessus de cercueil en forme de fleur de lys. »


Il arrive que certains souhaits de clients soient plus complexes à réaliser : « Quand ces demandes sont très éloignées de ce qui me plaît, en termes d’associations de couleurs ou de types de fleurs par exemple, j’essaie dans ce cas de le transformer en challenge pour réussir à concevoir une composition qui convienne à mes clients, qui soit harmonieuse, tout en me sortant de ma zone de confort. Un exercice toujours intéressant ! »


Lorsque nous échangeons par téléphone avec Camille, un jeudi du mois de mars, elle est en train de réaliser des couronnes de cérémonie pour la collection de la dessinatrice Hélène Berge, dont la marque Petit Berge se trouve près de Tours également. « Je prépare des couronnes en fleurs stabilisées, explique la fleuriste. Les fleurs stabilisées que j’achète ont été fabriquées en injectant un produit qui permet de garder la couleur de la fleur et de conserver sa solidité, contrairement aux fleurs séchées. Je réalise une couronne blanche et une autre blanche et rose, en hortensia, glixia et broom bloom notamment. »


L’organisation de Camille est très souple, étant donné qu’elle n’a pas de boutique. Elle travaille même le week-end, notamment dans les périodes où il y a davantage d’événements ; c’est son mari qui reste alors avec leurs quatre enfants âgés de 3 à 13 ans.


« Cependant, je peux aller chercher les enfants à l’école, j’ai du temps pour moi, pour eux, pour mon mari. J’ai besoin d’être dans mon jardin fleuri ! » Les enfants aussi viennent dans son atelier, faire un bouquet avec elle. « Ils ont une créativité débridée, comme les enfants en général, ce que j’observe aussi dans mes ateliers floraux ouverts à partir de 8 ans. Mes enfants me disent quand ils trouvent que mon bouquet est réussi, ou qu’il était plus beau la semaine dernière ! »


Camille réalise de belles rencontres grâce à son métier. Si pour les fleurs à l’occasion de mariages, la rencontre est plus rapide, pour les deuils, elle vit des échanges authentiques. « Les personnes viennent chez moi, me racontent leur vie, leur peine. Créer quelque chose pour eux est très beau, afin d’accompagner ces moments vers le Père. »


Avec son entreprise Botanicâme, la fleuriste savoure la chance de contempler la nature. « Je vois tous les jours les merveilles de la Création ! » Élise Tablé





(Photo © Botanicâme)

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