Redécouvrir le cycle féminin

8/12/2017

 

Lieu de richesses au carrefour de la féminité, de la fertilité, de la santé, de la sexualité et de la maternité biologique et spirituelle, le cycle menstruel gagne à être mieux connu et valorisé. Voici quelques-uns de ses mystères.

 

En octobre 2017, une marque britannique de protections hygiéniques a, dans une publicité, représenté les règles en rouge plutôt qu’en bleu. Une première dans l’univers publicitaire. C’est dire si la réalité des règles et du cycle peut être occultée dans notre société occidentale contemporaine, qu’on pourrait dire à la fois hypersexualisée et désincarnée. Pourtant, le cycle recèle de nombreuses subtilités, propices à l’émerveillement.

 

Le cycle a ses saisons et ses hormones. D’abord, c’est l’hiver : les règles, pendant 3 à 6 jours. Le col de l’utérus est très légèrement ouvert pour laisser passer le flux menstruel, qui représente un-demi verre en tout.
 

Puis c’est le printemps, avec la poursuite de la phase pré-ovulatoire, dite aussi phase folliculaire. Les ovaires se réveillent et sécrètent des hormones œstrogènes. Entre 20 et 30 œufs entrent en croissance sur la surface des ovaires. La muqueuse de l’utérus s’épaissit, son col se ramollit et s’entrouvre. Les cryptes à l’intérieur du col secrètent de la glaire cervicale. La température basale est basse. Cette saison est la plus variable : elle peut se rallonger en cas d’insuffisance d’œstrogènes.
 

C’est l’été ! La production d’œstrogènes ayant augmenté, elle permet de secréter l’hormone LH qui déclenche l’expulsion de l’ovocyte mûr – le seul à avoir achevé sa maturation, ou deux en cas de faux jumeaux. Il quitte l’ovaire pour aller dans la trompe : c’est l’ovulation. Dans les cryptes du col, une glaire très fertile est fabriquée. Le col est haut et ouvert. Tout est prêt pour qu’un éventuel spermatozoïde, nourri par la glaire, vienne rencontrer l’ovocyte et finisse, une semaine plus tard, par se nider dans l’utérus.
 

Voici la phase post-ovulatoire, dite lutéale : l’automne. L’enveloppe de l’ovule restée vide devient corps jaune et secrète de la progestérone. Sous l’action de celle-ci, la muqueuse utérine stoppe son épaississement afin de devenir, si besoin, la « chambre du bébé ». Les cryptes du col arrêtent la production de la glaire fertile au profit de la glaire obstruante ; le col de l’utérus descend, devient dur et se ferme par un bouchon muqueux. La température est montée de quelques dixièmes de degré et s’installe en plateau haut. Cette phase est en général de même durée, entre 10 et 16 jours. S’il n’y a pas eu de fécondation, la progestérone « fait son deuil », et diminuant, elle entraîne l’arrivée des règles. L’hiver est de retour, un nouveau cycle commence. (Le schéma ci-dessus montre un cycle de 28 jours, ce qui ne concernerait que 13% des femmes. Un cycle normal dure entre 23 et 35 jours.)
 

Au long du cycle, d’autres changements ont lieu. Lors des règles, les glandes mammaires se réduisent et s’assèchent, puis sous l’influence des œstrogènes, les seins reprennent de l’épaisseur ; en fin de cycle, ils sont très irrigués et de nouvelles glandes mammaires sont créées. L’utérus passe de trois centimètres environ en début de cycle au double à la fin.
 

L’humeur de la femme évolue également en fonction des hormones. Lors de l’hiver des règles, elle peut se sentir fatiguée ou un peu triste, avoir envie de rester chez elle, de se reposer. Au printemps, phase folliculaire, les œstrogènes sont les hormones du désir ; c’est un moment où l’énergie revient. Pendant le bref été de l’ovulation, la femme vit un moment de plénitude maximale, d’amour débordant, de désir sexuel, de rayonnement.

 

Puis c’est l’automne avec la phase lutéale : la femme peut ressentir un besoin de sécurité et d’intériorité, en lien avec son utérus qui se prépare à une éventuelle maternité. « Êtes-vous océanique, peu affectée par vos humeurs et par les changements de saisons, ou continentale, avec des saisons bien tranchées ? » demande Raïssa Blankoff, naturopathe et auteur du Livre du cycle féminin (éditions Amyris).
 

L’immunité varie également au cours du cycle, comme le raconte de façon imagée Raïssa Blankoff : « Quand vous êtes en phase œstrogénique, vous êtes la conquérante : le monde est à vous, vous avez tendance à vous exposer et qu’importent les bactéries, virus et autres prétendants, vous cherchez le spermatozoïde à tout prix, votre système immunitaire vous protège, pas très tolérant à ce stade. (...) Mais en phase progestative, qui sait, vous portez peut-être la vie en vous... Votre système immunitaire est enclin à baisser la garde pour tolérer une nouvelle vie. » Toutefois dans cette période, le col de l’utérus est fermé par un bouchon de glaire pour protéger le bébé éventuel d’une infection extérieure.

 

Dans notre culture occidentale actuelle, le cycle est peu investi, ou peu valorisé. La ménarche – premières règles de l’adolescente – qui advient autour de 12 ans, est rarement célébrée dans la famille. Pourtant, la ménarche a pu « donner lieu à des rituels sous forme de « célébrations de la première lune », « cérémonies du premier sang », « rites de ménarche », « fêtes rouges »,  raconte Raïssa Blankoff. Certaines de ces cérémonies sont d’ordre familial, rassemblant une jeune femme, ses amies, sa mère et des proches de celle-ci, tandis que d’autres s’apparentent plus à des festivités communautaires. Ces rituels peuvent faire référence à l’accès à la procréation, mais également à la création, ou plus exactement, à la créativité « spirituelle » : jeûne, retraite, danses, cadeaux, robes, bijoux, coiffures et maquillages, fêtes parfois aussi importantes que le mariage. Désormais la femme est prête à transmettre la vie qu’elle a elle-même reçue. »
 

Aujourd’hui, cet événement initiatique est souvent passé sous silence, notamment, selon Marion Vallet, sage-femme libérale à Lille et monitrice de la méthode Billings, à cause d’un problème de transmission mère-fille : « Je rencontre des femmes qui me disent que lors de leurs premières règles, leur mère leur a seulement tendu un paquet de serviettes hygiéniques, sans rien expliquer... Les premières règles doivent s’anticiper en famille, dès le plus jeune âge. Au fur et à mesure que la petite fille grandit et qu’elle apprend d’où viennent les bébés, on lui parle de ses futures règles. Le jour venu, on peut emmener la jeune fille au restaurant ou lui faire un cadeau... Cela permettrait aux femmes de vivre leurs règles différemment, autrement que liées à une douleur physique voire psychique. »
 

Des livres peuvent être des supports pendant l’enfance et la pré-adolescence, comme S’il te plaît, Maman, parle-moi de l’amour d’Inès Pélissié du Rausas (éditions Téqui) pour les filles de 9 à 13 ans, ou Dis, en vrai, c’est quoi l’amour ? d’Inès de Franclieu (éditions Emmanuel) pour les 5-13 ans. Il existe également des ateliers comme CycloShow pour les filles de 10 à 14 ans et Ateliers XY pour les garçons (11-14 ans), qu’on peut organiser dès lors qu’on a réuni quelques personnes ; ou bien TeenStar et le livre L’amour est une belle histoire, et le sexe aussi ! (Mame) pour les adolescents, ou encore les interventions du Cler Amour et Famille dans les établissements scolaires.

 

Quand la jeune fille a ses premières règles, on peut aussi l’emmener chez une sage-femme bien formée sur la question, pour qu’elle découvre la richesse de son cycle. En effet, « en collège et lycée, on associe la sexualité et la fertilité au risque – grossesse non désirée, infections – et on parle surtout du préservatif, au lieu de faire prendre conscience de la beauté de la physiologie féminine, ainsi que masculine » souligne Marion Vallet.
 

Se former sur le cycle est important en tant qu’adulte, pour transmettre ce savoir, mais aussi pour se connaître et mieux habiter son corps. C’est ainsi qu’une sage-femme a créé « Trésors de Femme », qui forme les femmes mais aussi les hommes à la connaissance des mystères du corps féminin. Là aussi, on peut organiser une séance près de chez soi. Autre ressource : le site cyclenaturel.fr, créé par une femme passionnée par le sujet. 
 

Sinon, il arrive que des couples arrivent en préparation à l’accouchement avec des idées reçues sur le cycle menstruel, comme en témoigne Marion Vallet : « Certains pensent qu’il peut y avoir deux ovulations dans un cycle, qu’une union sexuelle peut provoquer l’ovulation, ou encore qu’on ne peut pas concevoir un enfant grâce à une union pendant les règles... » On entend encore également qu’un cycle dure forcément 28 jours avec une ovulation au 14e jour. La contraception, qui souvent bloque le cycle, ne participe pas à une meilleure connaissance de celui-ci, contrairement à l’auto-observation des méthodes de régulation naturelle des naissances : Billings, symptothermique ou Fertility Care (lire le dossier sur les méthodes naturelles, Zélie n°7, p. 12 à 15). Les couples suivant une de ces méthodes savent exactement quel jour a eu lieu l’ovulation.

 

Noter toutes ses observations – concernant la température, la glaire, le col de l’utérus, les règles, et éventuellement, même si ce ne sont pas des critères décisifs : l’humeur, la sensibilité au niveau des ovaires et des seins ou le test d’hormone LH –, sur un tableau papier personnalisé ou grâce à une application mobile, permet de s’approprier son cycle. Ces informations sont précieuses, que l’on souhaite une grossesse, différer une grossesse, ou simplement suivre sa santé gynécologique.

 

En plus de la connaissance de soi, celle de la dimension cyclique de son rythme enrichit la femme. Claire de Saint Lager le souligne dans La voie de l’amoureuse (Artège) : « Une première chose me frappe, c’est la capacité que les femmes ont à se relever des épreuves et des phases de dépression, là où un homme peut rester plus longtemps immobilisé dans sa souffrance (rupture amoureuse, choc émotionnel...). Plus une femme est reliée à son cycle, plus elle sait que ce moment qu’elle traverse, aussi douloureux soit-il, ne dure qu’un temps. Elle sait qu’à la fin la vie reprend ses droits, qu’il y a toujours quelque part, tapie sous la douleur, de la vie prête à jaillir. »
 

Grâce à sa norme cyclique, la femme sait qu’après la pluie, vient le beau temps ; que l’hiver porte en lui-même les germes du printemps. Il y a en elle une grande force de vie, puisque, comme s’émerveille Raïssa Blankoff : « Chaque femme a environ 420 cycles. En prévision d’une ou de quelques vies à venir, la nature a vu grand ! Et à chaque cycle, elle renouvelle le berceau utérin. »

 

Marie Pénélope Pérès et Sarah-Maria Leblanc le disent également dans Sagesse et pouvoirs du cycle féminin (éditions Le Souffle d’or) : « Tandis que les hommes vont se constituer un capital musculaire, réparti dans l’ensemble du corps, les femmes, elles, se constituent un capital de fertilité : de la matière (tissus conjonctifs et graisses) et beaucoup de fluides nutritifs concentrés au centre du corps. Ainsi, les femmes qui pratiquent intensément des sports difficiles à très haut niveau, n’ont souvent plus de règles, car le corps féminin ne peut pas tout faire ! Fabriquer à nouveau tous les mois pendant une quarantaine d’années les conditions de la fertilité, c’est un énorme travail ! La femme fait son cycle comme l’abeille fait son miel... »
 

A chaque fin de cycle, l’utérus féminin est aux frontières de la vie – qui aurait pu s’y loger – et de la mort – avec le deuil de la grossesse. Cette zone liminale et la période des règles sont donc souvent, depuis le début de l’humanité – qui trouve ses origines dans ce lieu même –, objet de peurs et de tabous. Ainsi, de multiples expressions existent pour dire « J’ai mes règles ».

 

Pour autant, le cycle ne peut être réduit au seul lieu de la fertilité. On observe justement que c'est quand une grossesse débute que les cycles s’arrêtent ! Le cycle peut aussi être un lieu pour se penser comme femme en dehors de la maternité. A l’inverse, les auteures de Sagesse et pouvoirs du cycle féminin regrettent que pour certaines femmes, « la grossesse est vécue comme l’unique état donnant accès au sentiment d’exister réellement dans son corps de femme. » 
 

Le cycle a donc une fécondité en dehors de la potentialité de grossesse, comme en témoigne Claire de Saint Lager dans son livre : « J’ai rencontré des femmes qui sont consacrées ou religieuses et ont donc renoncé, dans un célibat offert, à porter des enfants. Pour autant, elles sont profondément connectées à leur cycle et organisent les différentes tâches de leurs vies autour de ce cycle. Pendant les règles, elles se retirent pour prendre un peu soin d’elles et se recentrer, c’est un temps de prière plus intense ; la phase d’ovulation est une phase très relationnelle et créative, un moment pour lancer des projets ; la phase post-ovulatoire, elle, est toute tournée vers les autres, c’est le temps qu’elles choisissent pour recevoir ceux qui ont besoin d’une écoute attentive. C’est une phase durant laquelle on se sent capable de porter et de soutenir. Alors le cycle qui n’amène pas d’enfant est tout orienté vers une maternité relationnelle, intellectuelle et spirituelle. »
 

Dans le cycle, les capacités de vie, de mort et de résurrection se jouent au cœur de la femme. Cette expérience intime l’initie à une compréhension de la vie intérieure et du mystère de la vie et de l’amour, qui peuvent l’aider dans son chemin de foi. 
 

De plus, comme en témoigne Catherine sur le site du mouvement féminin « Les Antigones » : « Ce cycle féminin si critiqué, qui entre en si grande contradiction avec les exigences de la société qui m’entoure, je l’aime justement parce qu’il m’oblige. Lorsque la société me demande d’être constamment productive, d’être constamment la « jeune fille » souriante et pimpante qu’elle a pris pour modèle, d’être toujours en activité ; mon corps, lui, est bien le seul à me rappeler impérativement le besoin viscéral qu’a chaque être humain – homme ou femme – au repos, à l’intériorité, à une forme d’hiver du corps et de l’esprit. »

 

Cette fécondité au sens large trouve naturellement son prolongement au moment de la ménopause, arrêt définitif des cycles qui advient entre 40 et 55 ans, après une période de périménopause où la production des hormones diminue. C’est souvent une phase difficile, avec des désagréments physiques – bouffées de chaleur, prise de poids, sécheresse cutanée, baisse du désir, modifications dans le cycle... – et une période complexe psychologiquement, à cause du deuil de la maternité biologique. Il est nécessaire d’avoir à l’esprit qu’« il peut y avoir des troubles, mais que ce n’est pas une maladie », souligne Marion Vallet. Elle précise que les femmes doivent être accompagnées dans leurs désagréments, mais qu’un traitement hormonal ne doit pas être systématique, dans la mesure où il va à l’encontre du phénomène naturel de disparition des cycles. 
 

Plus encore, la ménopause peut être l’occasion d’une fécondité nouvelle, ce que Gabrielle Vialla a évoqué dans une récente conférence « La beauté des âges de la femme, et son regard sur la vie, à l’école de Sainte Hildegarde de Bingen » en octobre 2017. Des religieuses ont débuté une nouvelle jeunesse,  une « seconde vie » aux environs de la ménopause. Sainte Hildegarde de Bingen se mit en effet à voyager en Europe, à partir de l’âge de 50 ans environ, pour témoigner de ses visions mystiques et parler aux grands de ce monde.

 

Au même âge, sainte Jeanne de Chantal, après la mort de saint François de Sales avec qui elle avait créé l’ordre de la Visitation, fonda 74 couvents en dix-neuf ans. On peut également citer « l’appel dans l’appel » de Mère Teresa, qui créa la congrégation des Missionnaires de la charité au service des pauvres à l’âge de 40 ans, après une première vie comme religieuse enseignante chez les Sœurs de Lorette.

 

Enfin, la connaissance du cycle s’inscrit dans le respect de la Création. Le pape François relie le respect du corps sexué à une écologie humaine dans Laudato Si : « Apprendre à recevoir son propre corps, à en prendre soin et à en respecter les significations, est essentiel pour une vraie écologie humaine. La valorisation de son propre corps dans sa féminité ou dans sa masculinité est aussi nécessaire pour pouvoir se reconnaître soi-même dans la rencontre avec celui qui est différent. » (paragraphe 155) Plus que jamais, le corps intégré et habité est fait pour l’amour humain et divin. Solange Pinilla

 

Et quand on observe des dysfonctionnements du cycle ?

 

Lorsque l’on rencontre des pathologies en lien avec les organes du sexe féminin  – dysménorrhée c’est-à-dire douleurs de règles, endométriose, syndrome des ovaires polykystiques, fribrome utérin, anovulation, aménhorrée ou encore infertilité –, il n’est pas évident de se réconcilier avec son cycle. Mais c’est justement l’observation du cycle qui va être une bonne base pour poser un diagnostic.

 

« La douleur n’est jamais un phénomène normal, souligne Marion Vallet, sage-femme. Par exemple des douleurs de règles invalidantes peuvent être dues à un excès de prostaglandines – qui jouent sur les contractions de l’utérus – ou à une malposition de l’utérus qui est en tension. Mieux vaut essayer de régler la source de la douleur – par exemple en regardant ce qui ne va pas au niveau hormonal, ou en utilisant des médecines complémentaires comme l’ostéopathie, l’acupuncture ou l’homéopathie –, plutôt que de prendre uniquement des médicaments anti-douleur. La médecine aborde le cycle de manière très médicalisée : elle préfère  par exemple prescrire la pilule en cas un syndrome pré-menstruel important, ce qui ne fait que masquer la problématique. » Traiter la cause des règles douloureuses est, pour Marion Vallet, une meilleure solution notamment que l’instauration d’un congé menstruel, qui existe en Corée, au Japon ou encore en Zambie.
 

Concernant l’infertilité (voir notre dossier sur les couples en espérance d’enfant, Zélie n°14, p. 14 à 18), observer la température ou la glaire peut également permettre de trouver des explications à l’infertilité. Il est judicieux de se présenter en consultation de gynécologie en ayant déjà observé son cycle, car la médecine dite « de la reproduction » est très standardisée. « On prescrit des prises de sang à des jours précis du cycle, sans se soucier de la phase du cycle où en est la femme » s’étonne Marion Vallet. Une étude a montré que des couples hypofertiles pratiquant l’auto-observation arrivent à concevoir dans un délai plus court. La naprotechnologie permet également d’œuvrer pour restaurer la fertilité du couple, même si elle représente aussi un important investissement personnel et économique. 
 

L’observation du cycle est un véritable chemin pour s’accepter telle que l’on est, avec ses forces et ses fragilités. S.P.

 

 

Comment être en harmonie avec son cycle ?

"Allégorie des quatre éléments" par Frans Francken le Jeune : eau, air, feu, terre.

 

Ces pistes pour se connecter à son cycle sont inspirées de Sagesse et pouvoirs du cycle féminin de Marie Pénélope Pérès et Sarah-Maria Leblanc (éditions Le Souffle d’or), ainsi que du Livre du cycle féminin de Raïssa Blankoff (éditions Amyris).

 

Concernant les plantes, mieux vaut se faire conseiller par un naturopathe, un aromathérapeute ou un phytothérapeute – ou un pharmacien spécialisé  – pour consommer les dosages adaptés à la période du cycle et aux déséquilibres hormonaux de la personne. On peut les prendre en gouttes, tisanes, gélules, granules, teintures ou encore décoctions. Notons également que dormir dans le noir complet et éviter les perturbateurs endocriniens favorisent l’équilibre du cycle.

 

• Règles (hiver – terre)
     Mouvements Se poser, se ressourcer dans le silence. Eteindre les écrans. Prendre une tisane ou mettre une bouillotte sur le ventre, aller au lit avec un livre. On ressent le besoin de se détendre, de faire circuler le sang, de se masser et d’effectuer des étirements doux. Noter la date de ses règles sur son agenda permet de s’inscrire dans son rythme cyclique personnel, plutôt qu’uniquement dans le temps linéaire social.  
     Plantes Le framboisier est un anti-spasmodique. L’achillée millefeuille diminue les règles abondantes. La camomille romaine soulage la douleur. 


• Phase folliculaire (printemps – eau)
     Mouvements L’énergie revenant, c’est le moment de mettre en route des projets, d’organiser des sorties et des événements, de parler en public. Faire des respirations complètes et des étirement amples et verticaux.
     Alimentation Pour reconstituer le fer perdu pendant les règles, il est bon de manger boudin noir, foie, rognons, crustacés, thym, cannelle, cacao... Afin de favoriser la production d’œstrogènes – et raccourcir une phase folliculaire et un cycle trop longs –, on peut consommer des phyto-œstrogènes : luzerne, fenugrec, lin, sauge officinale, ou encore soja mais plutôt fermenté sous forme de miso. Il existe des études contradictoires sur le lien entre prise de phyto-œstrogènes et récidive du cancer du sein ; mieux vaut consulter d’abord.
     Plantes L’ortie reminéralise. L’avoine reconstitue. Le gingko favorise la micro-circulation.

 

• Ovulation (été – air)
     Mouvements étant au summum de sa vitalité et de son rayonnement, on peut choyer ses amis. C’est le moment idéal pour favoriser le contact affectueux avec ses enfants, ou encore manifester particulièrement sa tendresse envers son mari, si l’on est concernée – mais sans aller trop loin si on veut différer une grossesse. Se masser et faire des mouvements dynamiques du bassin. 
     Plantes Le trèfle rouge est nutritif et riche en phyto-œstrogènes. Le chardon-marie aide le foie à métaboliser les œstrogènes. 

 

• Phase lutéale (automne – feu)
     Mouvements L’énergie se retire à l’intérieur, on cherche le chaud, la sécurité. C’est le moment de se retrouver seule, de faire le point, de donner forme à son univers intérieur, de prendre soin de sa peau. Si l’on a un conjoint, c’est un moment d’intimité plus douce. A l’approche des règles, bouillotte, relaxation et massages seront apaisants.
     Alimentation Pour réduire le syndrome pré-menstruel, souvent dû à un déséquilibre hormonal, il faut consommer du calcium – gruyère, amandes, thym... –, des légumineuses et céréales entières qui ont un effet positif contre la tension et la fatigue, du magnésium – noix, amandes, poisson – qui réduira l’inflammation et donc les douleurs menstruelles, ainsi que des acides gras oméga 3 anti-inflammatoires : saumon, truite, sardines... 
     Plantes Le gattilier soutient la transformation des œstrogènes en progestérone. Le pissenlit aide en cas de rétention d’eau prémenstruelle. L’onagre favorise la production de progestérone. S.P
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Article paru dans Zélie n°25 (Décembre 2017)

 

Crédits photo : Leah Kelley/Pexels.com CC - Isometrik/Wikimedia commons CC - Paul Getty Museum/Wikimedia commons CC

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