Rechercher la sainteté conduit-il au burn-out ?

11/5/2016

 

 

« Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même » disait Sainte Thérèse de Lisieux, et bien malin qui irait contredire celle-ci... D’autant plus que le Christ ne semble pas nous dire autre chose, lui qui a aimé les siens « jusqu’au bout » (cf. Jean 13, 1). D’où la question : rechercher la sainteté ne conduit-il pas au burn-out ?
 
Si l’on considère la sainteté comme le fait d’ajouter des activités à des activités, peut-être serait-ce le cas... Mais il faudrait relire l’évangile de Marthe et Marie (cf. Luc 10) : faire un maximum de bien ne signifie pas abandonner le temps de repos devant le divin Maître. L’action risque de se transformer en activisme s’il n’y a pas au moins un peu de prière, de contemplation.


Il s’agit donc de se donner, mais aussi de bien se donner. Et pour ce faire, comment ne pas rappeler le rôle du père spirituel qui, comme un bon guide de montagne, sait nous conseiller pour marcher vers les hauteurs de la sainteté ? Escalader les rochers ne s’improvise pas ! D’ailleurs, ce guide commencerait peut-être par nous rappeler le proverbe « Qui veut aller loin ménage sa monture »... Sagesse humaine qui reste un bon point de départ. L’épisode de Mère Teresa qui se donnait trop « à fond » à ses débuts, et qui se vit corrigée par une aînée, nous éclaire sur ce point.

 

Prendre conseil permettrait d’ailleurs un discernement : qu’est-ce qui, dans mes diverses activités, correspond vraiment au plan du Seigneur sur moi ? Surcroît d’activités professionnelles, associatives, familiales... Qu’est-ce qui relève par exemple de mon désir de prestige et qu’est-ce qui est de Dieu ? Il n’est pas facultatif de mettre ses talents au service du bien commun, mais la sainteté n’est pas le perfectionnisme ni le fait de se donner sans prendre du recul. Derrière le désir de pouvoir tout assumer, peut se cacher un secret orgueil. Ici encore le regard d’un père spirituel ou d’une amie au jugement sûr pourra nous aider.
 
Il est donc possible de sortir du scénario typique conduisant au burn-out : une trop grande activité, faite avec trop d’affectivité. En comprenant quel est réellement notre devoir d’état et en le faisant avec une plus grande pureté d’intention, on gagnera en fécondité. Car là se trouve le but réel : porter du fruit, même invisiblement, et non être un feu d’artifice !
 
Et si, après cela, il reste que la dose de travail à faire dépasse nos pauvres capacités ? On pourra alors écouter ce que répondait un évêque en parlant de sa propre vie : « Il n’y a pas de secret, il faut puiser à la Source ! »Abbé Vincent Pinilla, fstb

 

PRIÈRE - Offrande de la journée

 

     « Mon Dieu, je vous offre toutes les actions que je vais faire aujourd’hui, dans les intentions et pour la gloire du Cœur Sacré de Jésus ; je veux sanctifier les battements de mon cœur, mes pensées et mes œuvres les plus simples en les unissant à ses mérites infinis, et réparer mes fautes en les jetant dans la fournaise de son Amour miséricordieux.

      Ô mon Dieu ! Je vous demande pour moi et pour ceux qui me sont chers la grâce d’accomplir parfaitement votre sainte volonté, d’accepter pour votre Amour les joies et les peines de cette vie passagère afin que nous soyons un jour réunis dans les Cieux pendant toute l’éternité. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse de Lisieux
 

 

Article par dans Zélie n°9 (Mai 2016) - Crédit photo (c) Office central de Lisieux

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