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Jeanne Delenda, cofondatrice de Meditatio




Il y a un an et demi, avec son mari Thomas, Jeanne a lancé Meditatio, une application de méditation chrétienne pour aider les catholiques de différents horizons à prier.



Si vous aviez rencontré Jeanne il y a quelques années, vous ne l’auriez pas vue jonglant entre son ordinateur, son studio d’enregistrement et ses deux enfants - trois, à l’heure où vous lirez cet article -, mais... sur une planche à voile. Elle pratiquait ce sport en compétition jusqu’à faire partie de l’équipe de France, et obtenir un prix de Vice-championne du monde de planche à voile !


Jeanne suit alors un Master en école de commerce, où elle fait la rencontre de Thomas. Ils se marient. Pour le stage de fin d’études de Jeanne, ils se rendent à Madrid, où elle travaille dans le domaine du SEO, c’est-à-dire du référencement naturel sur Internet - le fait qu’un site soit bien classé dans les recherches web.


« Justement, Thomas, qui a fondé la plateforme de prière en ligne Hozana, m’a proposé de réaliser un projet SEO pour ce site, se souvient Jeanne. J’ai accepté, car j’étais motivée par le fait de travailler pour le Seigneur. Cela s’est bien passé, et quelques mois avant d’accoucher de notre premier enfant, j’ai été embauchée par Hozana. » Afin d’améliorer le référencement de Hozana sur Google, Jeanne constitue une équipe de rédacteurs et de traducteurs et lance un guide en ligne sur la prière, les saints ou encore les fêtes religieuses.


Durant l’été 2020, alors que le couple se prépare à accueillir son deuxième enfant, Thomas observe que le phénomène de la méditation de type pleine conscience explose : il existe davantage de gens qui utilisent l’application de méditation Petit Bambou que de personnes qui vont à la messe le dimanche ! Une connaissance le presse de lancer une application de méditation chrétienne. Jeanne est partante pour lancer le projet.


« Il semble que l’Esprit-Saint a accompagné Meditatio, car l’équipe s’est constituée rapidement, les finances ont suivi, et le lancement officiel de l’application Meditatio a eu lieu en octobre 2021. »


La méditation chrétienne est différente de la méditation aconfessionnelle adoptée par de nombreuses personnes. « Ce n’est pas une technique, comme la méditation de pleine conscience, mais c’est avant tout une relation avec Dieu, explique Jeanne. La méditation chrétienne ne fait pas référence à une pratique en particulier, mais à un ensemble de pratiques de deux grands types. D’une part, la méditation de la Parole de Dieu, telle que la lectio divina ou la méditation ignacienne. D’autre part, la prière silencieuse et contemplative, comme la prière du cœur qui consiste à répéter le nom de Jésus au rythme de sa respiration. »


Concrètement, Meditatio est une application qui se télécharge sur smartphone ou tablette, et qui propose des méditations guidées au format audio. Celles-ci s’appuient également sur la méthode Vittoz, développée par un médecin chrétien, Roger Vittoz, qui invite à l’attention à son corps, l’accueil des sensations ou encore à des exercices de respiration. « C’est une bonne manière de se mettre en condition pour prier », explique Jeanne.


Meditatio propose chaque jour une méditation inédite. Tous les 10 jours, un nouveau programme sur une thématique est publié, par exemple « Cultiver la gratitude ». Il y a aussi des méditations pour chaque moment de la journée, comme dans les transports ou « Une minute pour Dieu », et également pour chaque temps fort de l’année, tel que Noël, Pâques ou la fête des mères.


L’équipe de Meditatio compte une dizaine de personnes en freelance à temps partiel. Certains, comme Jeanne, s’occupent des contenus, d’autres des aspects techniques ; d’autres enfin de la communication. Les contenus créés par l’équipe sont enregistrés par Jeanne chez elle dans son « petit studio ». Des méditations sont réalisées par des partenaires : auteurs, religieux, coachs... Soit ceux-ci l’enregistrent eux-mêmes, soit leurs textes sont lus par des comédiens professionnels, les « voix off » de Meditatio. « Ce sont des comédiens chrétiens, car pour accompagner la personne dans un temps d’intériorité, il faut soi-même le vivre », précise Jeanne.


L’application a pour but de toucher un public large : des chrétiens pratiquants qui cherchent un support pour les aider à prier, mais aussi ceux que Jeanne appelle les « chrétiens de loin », c’est-à-dire non pratiquants, voire ayant un lien compliqué avec l’Église, mais qui ont soif de spiritualité. Elle essaie donc d’utiliser un langage accessible à tous, et d’éviter le « jargon catho » qui ferait que certains se sentiraient un peu à l’écart.


Elle souhaite également rejoindre les « chrétiens de loin » grâce aux contenus audio qui proposent une meilleur gestion du stress ou l’accueil de ses émotions. « C’est un bel outil d’évangélisation, affirme Jeanne. Meditatio est facile à proposer. C’est une application dans les codes actuels, avec de belles images de nature. »


Il y a quelques mois, Meditatio a levé 500 000 euros auprès du fonds du Bien commun, de la fondation ZeWatchers, et de business angels. L’objectif est, grâce à cette levée de fonds, d’atteindre la rentabilité


Dans le Var où elle habite désormais, avec son mari et leurs enfants, Jeanne travaille en couple, ce qui est source de joie pour elle : « On partage les projets, on en parle beaucoup. C’est un projet de couple. Nous sommes très complémentaires sur ce que nous aimons faire, puisque je m’occupe des contenus et lui de l’aspect technique et financier. Comme nous sommes tous les deux en télétravail, le défi est de savoir couper le soir et le week-end. Parfois, je n’ai pas envie de parler boulot, et lui si ! »


Jeanne travaille 25 heures par semaine, tandis que leur aîné est à l’école et le deuxième chez la nounou. Pendant le congé maternité du troisième qui va bientôt naître, elle a trouvé quelqu’un pour la remplacer, mais elle s’y remettra sans doute assez rapidement, à son rythme. 


« Depuis que je travaille, pour Hozana puis pour Meditatio, cela me porte énormément spirituellement, confie l’entrepreneuse. Je suis convaincue que la prière est ce qu’il y a de plus important. J’exerce un métier que je vis comme un appel du Seigneur, et une occasion d’unifier ma vie. » Elise Tablé


Questionnaire de Proust revisité


Une odeur de votre enfance ?

L’odeur des pins dans les Landes quand j’étais enfant. Nous traversions les dunes à pied pour aller surfer en famille sur des plages sauvages chaque été.


Votre principale qualité ?

Le désir profond de faire de mon mieux, peut-être ? Cela peut néanmoins me jouer des tours, le sentiment de culpabilité n’est jamais très loin...


Un défaut que vous avez ?

L’orgueil... C’est le travail de toute une vie que de devenir humble, je ne peux que compter sur la grâce de Dieu pour y parvenir !


Un lieu que vous aimez en Provence ?

La mer ! Voler sur l’eau, une planche sous les pieds, voilà le lieu que j’aime particulièrement ici...


Un moment de qualité en couple ?

Les balades dans le Cantal, désert, tous les deux, quand nous sommes en vacances chez ma belle-maman et qu’elle garde les enfants.


Une chant qui vous redonne du courage ?

Le Magnificat chanté par le groupe Dei Amoris Cantores, ou bien Comment ne pas te louer entendu toute mon enfance au Chemin Neuf - mes parents en font partie. Bref, un chant de louange, rien de plus efficace !


Votre astuce pour déconnecter des écrans ?

Quand je suis à la maison, ne pas garder mon téléphone sur moi mais le laisser à la place que je lui ai assignée dans l’entrée. Mais j’avoue que c’est un combat de tous les jours...


Au mois de mai, vous aimez...

Tout ! Les couleurs du printemps, la vie foisonnante, le soleil, les températures douces... C’est le plus beau mois de l’année !


Une femme que vous admirez ?

Ma sainte patronne, Jeanne d’Arc. J’ai beaucoup de chance de porter le prénom d’une si grande sainte ! J’essaye de m’approprier sa devise : Dieu premier servi !


Votre prière préférée ?

Tout au long de la journée, la simple invocation du nom de Jésus... C’est tellement puissant ! Mais je suis également devenue une grande amoureuse du chapelet que je prie tous les soirs avec mon mari depuis un peu plus d’un an.




Photo (c) Coll. particulière

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