La Résurrection en symboles


Pâques n’est pas seulement représenté par les cloches et les lapins ! De nombreux symboles, présents dans les tableaux, icônes ou statues, rendent visible le mystère de la Résurrection.

Les symboles, ces images qui unissent le visible et l’invisible (syn- signifie « avec »), nourrissent notre compréhension de certaines réalités. Dans son Lexique des symboles chrétiens (Puf), l’universitaire et spécialiste d’iconographie chrétienne Michel Feuillet évoque notamment les images qui manifestent le mystère pascal.

La lumière est le symbole le plus visible de la Résurrection, car le Christ est la lumière du monde (Jn 18, 12). Après l’éclipse qui accompagna la mort du Christ (Mt 15, 33), le soleil incarne la Résurrection. « La Lumière du monde s’était éteinte ; elle allait renaître au clair matin de Pâques », souligne Michel Feuillet. L’aube, l’aurore et le petit matin évoquent la pureté et l’espérance du matin pascal, jour nouveau pour l’humanité. « Après les lueurs blanches de l’aube, l’aurore et sa lumière rougeoyante symbolisent le sang du Christ qui efface les ténèbres du péché ».

Parmi les couleurs liées à la fête pascale, on retrouve donc le blanc, couleur liturgique de Pâques. Ce blanc qui évoque la lumière se trouve aussi dans les vêtements de l’ange apparu aux deux Marie, à la Vierge et à Marie-Madeleine près du tombeau vide : « Il avait l’aspect de l’éclair et sa robe était blanche comme neige » (Mt 28, 3). Le blanc fait référence à la couleur du linceul du Christ.

Le vert est également associé au printemps où tout reverdit, au salut apporté par le Christ, comme un réveil à la vie nouvelle. « Le bois mort de la croix est devenu le bois vert de la Vie nouvelle », souligne Michel Feuillet. Le Christ sortant du tombeau est parfois vêtu de rouge, en référence au sacrifice sanglant de la croix, et porte les stigmates de sa Passion, montrant le lien indéfectible entre Passion et Résurrection.

A propos de printemps, savez-vous d’où vient le mot « pâquerette », cette petite fleur printanière ? Du mot « Pâques », tout simplement ; elle en est ainsi l’humble emblème. Autre fleur pascale : l’aubépine, dont le nom (alba spina, « épine blanche ») fait référence à la fois à la Passion et à l’aube de la Résurrection.

Les animaux ne sont pas en reste pour témoigner de la Résurrection : le phénix, oiseau mythique qui se consume et renaît de ses cendres, est un symbole du Christ ressuscité. Le coq, qui veille pour être le premier à annoncer l’apparition du jour, héraut qui proclame la victoire de la lumière sur les ténèbres, est aussi un symbole pascal. L’œuf pondu par la poule est l’un des signes les plus connus de la fête pascale ; selon Michel Feuillet, la tradition des œufs de Pâques vient du retour de la ponte au printemps, interprétée comme un signe du retour à la vie après l’hiver, lui aussi métaphore de la Résurrection.

Comment ne pas évoquer l’agneau, victime sacrificielle de la Pâque juive – dont le sang était aspergé sur le linteau et les montants des portes grâce à un bouquet d’hysope, plante aromatique (Ex 12, 23), devenue celle de la Pâque chrétienne : le Christ est l’Agneau, dont le sang a été versé sur la croix. Autre animal associé à Pâques : l’ours, dont l’hibernation dans une grotte et son réveil au printemps renvoient au séjour du Christ au tombeau et à sa Résurrection ; l’escargot, qui s’enferme dans sa coquille comme dans un tombeau pendant tout l’hiver pour renaître chaque année vers Pâques, y fait également référence.

Deux objets signifient la victoire sur la mort : l’étendard, marqué d’une croix rouge sur fond blanc, ou encore la palme, brandie par les soldats dans l’Antiquité lors de triomphes à l’issue d’une campagne victorieuse (comme sur la Résurrection de Fra Angelico ci-dessus).

On représente parfois le Christ ressuscité apparaissant à Marie-Madeleine avec une houe, cette pioche pour biner la terre ; c’est parce qu’elle avait cru voir un jardinier.

Terminons cette liste non exhaustive par les fameuses cloches de Pâques, dont la tradition profane trouve son origine « dans l’interdiction, observée pendant tout le Carême, de sonner les cloches pour des raisons d’austérité : mais lorsque Pâques arrive, les carillons retentissent à nouveau pour fêter la Résurrection. » Michel Feuillet ajoute : « On raconte alors aux enfants que les cloches étaient parties à Rome et que maintenant elles sont de retour, après avoir semé sur leur passage des œufs en chocolat ».

Pourquoi ne pas manger huit œufs ? Car ce chiffre est le symbole de la Résurrection : mort la veille du septième jour, le Christ est ressuscité le huitième jour. Le huit est le signe d’une ère nouvelle ! Solange Pinilla

Lire le reste de Zélie n°51 - Avril 2020

Crédit photo Web Gallery of Art/Wikimedia commons CC

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