Les langages d'amour des enfants

23/11/2019

 

 

Se savoir aimé est une chose, mais se sentir également aimé est beaucoup plus comblant ! Dès l’enfance, un langage d’amour prioritaire – paroles valorisantes, moments de qualité, contact physique, cadeaux ou services rendus -  peut être particulièrement nécessaire au développement affectif de la personne. 

 


On entend souvent cette phrase : « Chez moi, on ne se disait jamais « Je t’aime » ». Et des décennies plus tard, la blessure est toujours vive. Il est probable que les parents de cette personne aimaient sincèrement leur enfant ; mais ils ne connaissaient sans doute pas quel était son langage d’amour prioritaire. Il n’est peut-être pas trop tard pour eux d’y remédier !


C’est dans le livre Les langages d’amour des enfants (Editions Farel) que le conseiller conjugal Gary Chapman applique sa théorie des cinq langages d’amour aux jeunes. Avec le psychiatre et pédiatre Ross Campbell, il signale d’abord : « Si votre enfant a moins de cinq ans, ne comptez pas parvenir à découvrir quel est le langage d’amour le plus familier de votre enfant. Il est rare que son langage d’amour soit clairement défini. Contentez-vous de communiquer votre amour dans les cinq langages. Le toucher affectueux, les paroles d’encouragement, les moments privilégiés passés avec lui, les cadeaux et les services que vous lui rendez, tout cela contribue à remplir son réservoir émotionnel. »  


En effet, rien n’est plus sécurisant, joyeux et épanouissant pour un enfant que l’amour inconditionnel que lui donnent ses parents. Cet amour accepte et valorise l’enfant pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il fait. à éviter donc : un attachement qui offre des cadeaux, des récompenses et des privilèges à l’enfant qui réussit, ou se conduit conformément à ce que l’adulte attend de lui.


Un enfant qui se sent inconditionnellement aimé de ses parents sera beaucoup plus disposé à écouter leurs conseils et à les suivre. Il aura également une meilleure estime de soi et de sa dignité personnelle. Enfin, il saura mieux être en relation avec les autres et les aimer, notamment parce qu’il aura expérimenté différents langages d’amour.

 

Alors, quels sont ces fameux cinq langages de l’amour ? Le contact physique est le premier mode d’amour entre parents et enfants, depuis la vie utérine, et l’on sait combien il est capital pour le développement de l’enfant. Câlins, baisers, massages, chatouilles, main sur l’épaule : quel que soit le sexe ou l’âge de l’enfant, il a besoin d’un contact affectueux et rassurant. On insiste aujourd’hui, et à juste titre, sur le consentement de l’enfant : lui proposer – avec la possibilité de dire non – un câlin, ou au moins le prévenir quand il est bébé, est nécessaire pour respecter sa liberté.    


A noter, et ceci est valable pour les autres langages de l’amour : « Un enfant particulièrement sensible au toucher sera beaucoup plus affecté si vous utilisez le contact physique pour exprimer votre colère ou votre mécontentement. » De même, pour celui dont les moments de qualité sont le langage d’amour prioritaire, mieux vaut éviter de le punir en l’envoyant seul dans sa chambre.


Les paroles valorisantes, de ce que l’enfant est et de ce qu’il accomplit, ainsi que les encouragements, sont particulièrement indispensables pour certains. Manon, 8 ans, témoigne dans le livre de Gary Chapman : « J’aime Maman parce qu’elle m’aime. Tous les jours, elle me dit qu’elle m’aime. Je pense que Papa aussi m’aime, mais il ne me le dit jamais. » Par ailleurs, on dit qu’il faut prononcer quatre paroles valorisantes pour une critique.


Autre langage : les moments de qualité. Un enfant qui sollicite sans cesse ses parents demande en fait de l’amour. Commencer par prendre un temps de jeu, de lecture ou de discussion seul avec lui, accompagné d’un regard affectueux, en journée ou à l’heure du coucher, permettra de remplir son réservoir émotionnel. Que de confidences échangées entre parents et enfants en faisant un gâteau ou une promenade ! Axel, 12 ans : « Je sais que mon père m’aime parce qu’il passe du temps avec moi. Nous faisons toutes sortes d’activités ensemble ».


Les services rendus, quant à eux, sont les gestes d’aide des parents envers leurs enfants : ceux du quotidien comme ceux moins fréquents, comme réparer un vélo ou recoudre un vêtement. Ils sont un langage d’amour quand ils sont réalisés avec une attitude d’attention et d’affection, et non comme une corvée faite de façon automatique.


Enfin, les cadeaux, qui ont une particularité : ils n’expriment l’amour parental que lorsqu’ils viennent en plus des autres langages d’amour - et non pour compenser un manque d’expression affectueuse. « Si nos cadeaux ne sont pas l’expression de notre amour, l’enfant risque de les considérer comme « un dû » et de ne pas ressentir l’affection qui est à leur base ». Néanmoins, ouvrir l’emballage d’un cadeau offert par une personne qu’il aime est une grande source de joie pour un enfant. Et d’autant plus quand le cadeau est accompagné d’une parole affectueuse ou d’une caresse. Matthieu, 5 ans, s’exclame après son deuxième jour d’école maternelle : « Maman, ma maîtresse m’aime ! Regarde ce qu’elle m’a donné ! » C’était une règle bleue couverte de grands chiffres.

 

Après avoir lu ces lignes, vous avez peut-être une petite idée du langage d’amour qui remplit particulièrement le réservoir émotionnel de votre enfant – un réservoir à remplir quotidiennement ! -, celui qui fait briller ses yeux et qui le rend heureux. Vous pouvez également observer comment l’enfant vous dit son amour ; comment il exprime son amour envers les autres ; ce qu’il réclame le plus souvent ; ou encore ce dont il se plaint le plus souvent. Ce sont autant d’indices pour identifier son langage d’amour prioritaire.


Il est nécessaire de garder à l’esprit que ce mode premier peut évoluer, notamment au moment du passage à l’adolescence. Et surtout, que l’amour doit continuer à s’exprimer dans les cinq langages ! En fait, le principal est, quand on fait quelque chose par amour pour son enfant, de lui montrer que c’est le cas. Ainsi il se sentira chéri pour lui-même. Elise Tablé

 

 

Lire le reste de Zélie n°46 - Novembre 2019

 

Crédit photo : Yogendra Singh/ Pexels CC

 

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