Quand la gratitude transforme l'épreuve

19/4/2017

 

 

La gratitude peut changer l’adversité en une belle histoire, comme en témoigne celle de Lorène et Jean-Renaud, confrontés à un secret de famille. 

 

Dans leur livre Grâce à toi. Du secret au pardon (Salvator), Lorène et Jean-Renaud d’Elissagaray racontent leur parcours personnel puis leur chemin de couple. En 1994, Jean-Renaud, alors célibataire de 34 ans, subit un accident de roller en forêt de Rambouillet et reste plongé dans le coma pendant deux semaines. Un soir, sa famille et ses amis se réunissent pour échanger et prier pour lui. Le lendemain, les premiers signes de réveil du coma surviennent, ce qui n’était pas espéré par les médecins de façon aussi rapide ! Après une rééducation, Jean-Renaud peut à nouveau mener une vie normale, même s’il se fatigue plus rapidement. 
 

Il organise en 1996 un pèlerinage à Medjugorje, pour ses parents et amis, après en avoir déjà effectué un pour remercier Dieu de sa guérison. C’est là qu’il rencontre Lorène, venue un peu par hasard... C’est le coup de foudre. « Jean-Renaud dit que ce n’est pas à cause de son accident, mais finalement grâce à son accident qu’il m’a rencontrée » nous raconte Lorène. La demande en mariage a lieu quinze jours après et leur mariage, trois mois plus tard.


Les années passent avec la naissance de deux enfants, Antton et Daria. En 2005, c’est un coup de tonnerre pour Lorène, qui pressentait cependant quelque chose. Son mari lui annonce qu’il a, selon toute vraisemblance, un enfant au Chili : Vicente, 14 ans.

 

Six ans avant son mariage, Jean-Renaud était en effet parti participer à la création d’une banque de microcrédit à Santiago du Chili. Là, il avait fait la connaissance de Lourdès, jeune femme chilienne. Alors qu’il avait décidé de revenir en France après presque deux années, Lourdès lui avait annoncé qu’elle était enceinte de lui. Quelques semaines plus tard, elle lui avait dit qu’elle s’était trompée et que l’enfant était de son ex-mari.

 

Jean-Renaud ne savait que penser, même s’il apprit ensuite que l’enfant avait été reconnu par l’ex-mari. Un doute subsistait : il reçut par courrier par la suite des photos du bébé. Au moment de se marier, il repoussa le moment d’en reparler à Lorène à un moment qu’il pensait plus favorable... 
 

Après quatorze ans de mariage, Lorène doit affronter la réalité de ce secret. Le fait que Jean-Renaud lui ait caché la vérité l’affecte profondément, plus que la paternité en elle-même, qui était survenue avant leur mariage. D’autant que pendant trois ans et demi encore, Jean-Renaud refuse d’en parler à ses enfants et à sa famille, affirmant que même si Vicente l’a contacté par mail, il attend que Lourdès lui dise clairement que c’est son fils.

 

En 2008, tandis que Lorène a vécu un chemin de pardon, ils se rendent finalement au Chili pour rencontrer Lourdès et Vicente. Là, tout se déroule au-delà de leurs espérances, un vrai « petit miracle » selon Lorène : leurs enfants accueillent la nouvelle avec joie et la rencontre se passe très bien. Lorène ne ressent pour Lourdès – qu’elle avait eu l’occasion de rencontrer avant à Paris, sans connaître la vérité - ni jalousie ni rancune. Vicente est un adolescent mature, qui finit même par demander à Lorène de devenir sa marraine de confirmation !
 

La gratitude est une notion qui parle à Lorène, comme elle nous le confie : « Merci à Jean-Renaud d’avoir révélé son secret ! Merci à Lourdès qui a été bienveillante et délicate dans son approche. Mon mari me remercie d’avoir permis à l’arrivée de Vicente de se passer dans de bonnes conditions. Merci à nos deux enfants qui ont été d’une simplicité de cœur et d’une franchise magnifiques ! Merci à Vicente qui m’a accueillie de façon incroyable. Merci à nos familles qui ont été lucides et vraies dans cette histoire. Merci à Marie et au Seigneur qui m’ont accompagnée durant tout ce chemin ! »

 

Le titre du livre, Grâce à toi, a été bien choisi, comme le souligne Lorène : « Cela s’est avéré être une belle histoire, alors qu’il y avait de quoi tout explosât en vol ! » • Solange Pinilla

 

 

Article publié dans Zélie n°19 (Avril 2017)

Crédit photo : © Charles Plumey Faye

 

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