Brigitte Dupré La Tour, des mains pour écouter

21/10/2019

 

  

Ses massages sont divins : on aimerait qu’ils se prolongent indéfiniment ! Serait-ce parce qu’elle sait créer un climat de confiance propice au lâcher-prise ? Ou parce que sa manière de toucher diffère de celle prodiguée dans un quelconque institut de soin ? « Je ne masse pas un corps, souligne-t-elle, mais une histoire. Tout est dans l’intention : c’est une question d’hospitalité.» 


Le massage, cette maman de 5 enfants l’a d’abord pratiqué sur ses nourrissons, après lecture du docteur Frédérick Leboyer, initiateur de la pratique du « peau à peau » dans la foulée de l’accouchement. « Par lui, j’ai compris combien notre civilisation occidentale était carencée en matière de toucher. Or, c’est notre premier langage : il est fondamental. »


Brigitte a 45 ans quand une amie l’incite à en faire son métier ; elle se forme au drainage lymphatique puis à l’école de Joël Savatofski (la référence en la matière). Et réalise ainsi combien elle a manqué de contacts physiques durant l’enfance : « L’amour était là, mais ce qui primait à l’époque, c’était l’hygiénisme. Tout un savoir ancestral sur les besoins et les potentialités de la peau s’est perdu. J’essaie d’en retrouver le chemin. »


Son diplôme en poche, elle ouvre un cabinet de massage chez elle, dans l’Aube. Parallèlement, elle s’occupe de personnes atteintes d’Alzheimer en maison de retraite : « Elles ont été mes maîtres », se souvient-elle. Enfin, elle dispense des formations au sein du diocèse et intervient auprès de jeunes au sein de l’école de Prière : ces derniers ont tant apprécié ses massages de pieds après un pèlerinage qu’ils se sont baptisés « les mass-cheurs » ! 


Nouvellement installée près de Lyon, Brigitte se déplace sur demande à domicile (1), en attendant d’avoir à nouveau son propre cabinet. En sus, elle compte proposer ses services auprès des personnes endeuillées et en Ehpad. 


« Le massage est un moyen de se réapproprier son corps et partant, son âme. Tout le monde, à tout âge, peut en goûter les bénéfices. » A bon entendeur... Raphaëlle Coquebert


(1) 06 62 08 37 53.

 

 

Questionnaire de Proust revisité

 

Une phrase qui vous accompagne ? La devise des cavaliers « En avant, calme et droit ! ». Pour se recentrer, savoir où l’on va.


Votre matière préférée ? J’hésite : la pâte à pain – tellement vivante sous la main ! – ou le bois ? Eplucher une baguette de noisetier avec un couteau, quel plaisir !


L’indispensable de votre garde-robe ? Mes chaussures de marche : je ne pense bien que si je suis en mouvement.


Une odeur de votre enfance ? La sauce de cèpes de ma grand-mère : son parfum opulent et généreux me transportait en forêt !


Votre sainte préférée ? Joséphine Bakhita, pour sa bonté et son endurance.


Un paysage que vous aimez ? Un horizon dégagé, avec un bruit d’eau qui coule.


L’automne pour vous, c’est... Le flamboiement des couleurs et la prodigalité : voyez l’abondance des graines ! 


Le meilleur livre pour s’initier au langage du toucher ? Le toucher apprivoisé de Savatofski et Prayez (1989).


Un passage biblique qui vous touche ? Les mots du récit de l’Annonciation, qui m’ont beaucoup aidée dans l’épreuve : « Car rien n’est impossible à Dieu. »

 

 

Lire le reste de Zélie n°45 - Octobre 2019

 

Crédit photo © Collection particulière

 

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