Les émotions dans le couple

18/5/2019

 

A deux, les émotions se vivent parfois puissance dix… à commencer par l’amour !

 


On entend parfois « Il faut passer d’être amoureux à aimer » ; heureusement, il n’est pas nécessaire de choisir entre eros (désir) et agapè (amour désintéressé), les deux peuvent se conjuguer. 


L’amour est une dynamique, et une émotion. C’est « cette sensation dans le cœur, ou au niveau du sternum, de chaleur, voire de brûlure parfois, de picotements » rappelle la psychologue Isabelle Filliozat dans Que se passe-t-il en moi ? Mieux vivre ses émotions au quotidien (Poche Marabout). « Le sang afflue vers les joues. Des larmes peuvent perler au coin des yeux. Une douce chaleur envahit tout le corps. On se sent « comme dans du coton ». L’émotion d’amour se déguste. Elle se décharge en douceur quand on la laisse vibrer dans tout le corps. » 


D’ailleurs, cette émotion d’amour n’est pas réservée au couple. Elle se vit également entre parents et enfants, entre frères et sœurs ou amis... Dans le couple, l’émotion d’amour va nourrir le sentiment amoureux, qui est constitué de plusieurs émotions – et dure plus longtemps qu’une courte émotion d’amour. Un homme et une femme qui éprouvent l’un envers l’autre confiance et admiration – sentiments qui nourrissent aussi l’émotion d’amour –, verraient s’affadir leur relation s’ils ne ressentent pas régulièrement l’émotion d’amour.

 

Pour cela, il faut parfois prendre le temps, lors d’un temps d’échange ou encore d’une sortie au restaurant. Ou simplement dans le silence. « Plongez vos yeux dans ceux de votre partenaire, invite Isabelle Filliozat. Respirez profondément dans votre bassin. Prononcez ces mots magiques : « Je t’aime » sans la/le quitter des yeux. Laissez l’émotion descendre dans tout votre corps. Quand la vibration monte, écoutez-la en vous, ressentez-la. »
 
L’émotion d’amour n’est pas la seule à se vivre au sein du couple. Joie, colère, peur ou tristesse s’invitent régulièrement car « les émotions y sont exacerbées et les sentiments parasites trouvent un terrain propice à leur prolifération ». Il arrive que l’un des conjoints se demande : « Est-ce qu’il m’aime ? » ou « Est-ce qu’elle ressent cela à propos de moi ? », alors que la vraie question à se poser est plutôt « Est-ce que je l’aime ? » et « Qu’est-ce que je ressens ? » Le conjoint n’a pas à prendre la responsabilité des émotions de l’autre. Une émotion ressentie par l’autre parle de lui-même, et non de soi.


D’où l’importance de partager ce que l’on ressent. Dans Couple et complices (Farel éditions), Gary Chapman distingue dans le couple quatre niveaux de communication : d’abord, la conversation de couloir : « ça va ? - Très bien. » ; le deuxième niveau porte sur les faits : « Il manque du pain. - Nous aurons de nouvelles élections en mai. » ; le troisième est le discours rationnel : « Je pense que la question sociale revient en force  » ; enfin, le quatrième consiste à partager ses émotions et sentiments : « Je me sens furieux/triste/surexcité » ; seulement, si l’expression d’émotions est mal accueillie dans le couple, niée ou moquée, on hésitera à se confier encore et on en restera à un niveau de communication moindre.

 

Évoquer le soir deux ou trois émotions et sentiments éprouvés pendant la journée, et accueillir ceux de l’autre dans une écoute active et sans jugement ni conseil (voir Zélie n°32, « L’art de l’écoute »), permettent d’accéder à une véritable intimité émotionnelle. 


Si cette émotion est arrivée suite à un comportement de l’autre, parler en « je » et non en « tu » évite de l’agresser : « Quand tu (comportement précis), je ressens (émotion ou sentiment) parce que je (besoin ou attente), et je souhaiterais te demander de (geste concret de réparation) de façon à ce que (éventuellement, ce que gagne l’autre à le faire). »

 

Cet ajustement dans l’identification et l’expression des émotions peut permettre d’éviter de faire porter à l’autre des attentes démesurées, comme le souligne Isabelle Filliozat : que l’autre nous sécurise, nous protège contre une angoisse, comble un manque affectif, nous permette de contrôler la relation ou encore de libérer d’anciennes colères refoulées sans prendre de risque face à nos parents... Voir plus clair en soi permet de mieux respecter l’autre et de nourrir une relation de couple plus riche. Solange Pinilla

 

 

Lire le reste de Zélie n°41 - Mai 2019

 

Crédit photo StockSnap/Pixabay License

 

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