Sophie Barut, auteur et sculpteur

21/3/2019

 

 

Sa vie a basculé en mai 1998, alors qu’elle venait de fêter ses 25 ans, et ses 8 mois de mariage : un soir, son mari, dont elle est follement éprise, ne revient pas d’une promenade à vélo. « Je rentrerai avant la nuit » lui avait-il pourtant assuré. Cédric a été victime d’un très grave accident : il s’en sort, mais avec des séquelles importantes, au niveau physique (il ne marchera plus) et psychique (un traumatisme crânien qui affecte durablement sa mémoire et sa capacité à gérer ses émotions).

 

Qu’est-ce qui a décidé cette belle quadragénaire, au regard bleu profond, à écrire leur histoire plus de vingt ans après ? L’envie de dire qu’un chemin est possible au travers de l’épreuve. « Malgré les difficultés inhérentes au handicap de Cédric - un quotidien compliqué, lourd à assumer -, nous sommes heureux. Il y a des moments très durs, évidemment, mais jamais le désespoir ne nous a engloutis. La nuit n’a pas eu le dernier mot. »

 

Où Sophie puise-t-elle son énergie pour faire tourner sa maison, avec les quatre enfants qu’ils ont eus (3 garçons et une fille, de 15 à 8 ans) et un mari en fauteuil, inapte à conduire et à travailler ? « Ce qui m’a sauvée, c’est la certitude que le Christ a toujours été là, présent à nos côtés. Si je lâche la prière ou la messe en semaine, je coule. » Elle s’autorise du reste à couler, l’espace de quelques heures ou jours : « Pleurer avec Cédric, verbaliser mes peurs, vider le trop-plein… et ça repart ! »

 

Depuis plusieurs années, elle se ressource aussi en modelant des visages ou des animaux dans son atelier de sculpture, aux portes de Lyon. Architecte d’intérieur, férue d’art et de dessin, elle rêvait de pouvoir un jour s’adonner à sa passion. Par ricochets, le succès de son livre, Je rentrerai avant la nuit - qui en est à sa quatrième réimpression, aux éditions Nouvelle Cité - a donné une visibilité à son travail, via son site Internet (sophiebarut.com) et des photos de ses œuvres parues dans la presse. Sophie n’a pas fini de faire parler d’elle ! Raphaëlle Coquebert

 

 

Questionnaire de Proust revisité


Une phrase qui vous aide à garder le cap ? « Savoure l’instant présent, chaque seconde est un cadeau. »


Votre plus grande fierté ? « Jésus enfant », un bronze réalisé à partir d’une photo miraculeuse de l’enfant Jésus, que j’ai eu beaucoup de mal à faire aboutir : son regard était tellement particulier.


Votre sculpteur fétiche ? Camille Claudel.


Votre matière préférée ? L’argile.


Un paysage qui vous inspire ? La chaîne de Belledone, dans les Alpes, que je contemplais par la fenêtre de mon collège lorsque je rêvais en cours... Je la connais par cœur !


Le must de votre garde-robe ? Une petite robe d’hiver de chez « Côtélac », achetée avec l’argent de mon premier bronze en décembre.


Un conseil de lecture ? La liberté intérieure de Jacques Philippe.


Ce que vous aimeriez dire à votre mari ? « Merci d’être patient avec moi. »


Une résolution pour le Carême ? Avoir le sourire AVANT mon café du matin.

 

 

Lire le reste de Zélie n°39 - Mars 2019

 

Crédit photo (c) tekoaphotos

 

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