En couple, au service des plus pauvres

15/11/2018

 

 

Juste après leur mariage en avril 2016, Inès et Etienne Vermersch sont partis une année pour rendre visite à différentes maisons des Missionnaires de la Charité, fondés par sainte Teresa de Calcutta. Une expérience qui a bouleversé leur vie.

 


Dès leur première rencontre, en juin 2013, Inès et Etienne ont parlé voyage et aventure. Dans le livre A toi qui as changé ma vie. Une année sur les pas de Mère Teresa (Artège), ils écrivent à ceux qu’ils ont rencontrés lors du tour du monde entrepris quinze jours après leur mariage.


Pendant cette « Aven’tour », le couple, qui venait déjà pendant les fiançailles servir chez les Missionnaires de la Charité de Paris, a suivi les pas de Mère Teresa. Après une messe dans la chapelle des Missions étrangères de Paris, le 23 avril 2016, le jeune couple rejoint en stop leur première étape, chez les Missionnaires de la Charité de Casablanca, au Maroc. Inès et Etienne aident les sœurs, qui accueillent des jeunes filles enceintes hors mariage et ayant choisi de garder leur enfant. 


Leur deuxième mission a lieu au Pérou, à Cusco, où les Missionnaires de la charité prennent soin de personnes handicapées physiquement et mentalement. Faire le ménage et rire avec les patients est le quotidien d’Inès et Etienne.

 

Cap ensuite sur l’Argentine, pour distribuer la soupe populaire dans un quartier défavorisé de Buenos Aires. En Bolivie, ils ont l’occasion de fêter la canonisation de Mère Teresa, le 4 septembre 2016. Ils redescendent ensuite en stop jusqu’à Santiago du Chili, où les Missionnaires de la Charité tiennent un orphelinat d’enfants malades ou handicapés.
 

Puis c’est le « point culminant » de leur voyage : à Calcutta, où sainte Teresa de Calcutta a fondé la congrégation,  le couple passe deux mois comme volontaires dans le mouroir tenu par les Missionnaires de la Charité (photo). Après un séjour au Cambodge, ils vivent leur dernière mission en Albanie, pays natal de Mère Teresa. Le retour d’Inès et Etienne jusqu’à Paris, en mai 2017, se fait en stop.

 

Durant ces 392 jours de périple, Inès et Etienne vivent plusieurs prises de conscience. « A Casablanca, nous n’avions pas nécessairement le sentiment d’être utiles car il n’y avait pas grand-chose à faire... mais nous avons vite compris que le plus important n’était pas nécessairement de faire mais d’être ! écrit Inès aux jeunes femmes accueillies par les Missionnaires de la Charité. Notre mission était d’être là avec vous – et non à côté de vous -, de vous entourer de notre joie et de notre amour, de devenir vos amis, tout simplement. »

 

Toutefois, de retour à Paris, en participant au service de 400 repas en quelques heures, Inès note que le « faire » ne va pas sans l’« être » : « Je me suis rendu compte qu’il était crucial d’investir tout notre être dans ce que nous faisions, pour mettre de l’amour dans chaque assiette donnée, chaque sourire échangé, chaque question posée. » Mère Teresa le dit : « Ce qui compte ce n’est pas ce que l’on fait mais l’amour avec lequel on le fait. »
 

Plus encore, Inès écrit à Rani Bala, patiente du mouroir de Calcutta : « Nous étions partis pour donner, et nous avons tellement reçu ! Nous étions partis pour servir, pour apporter la joie du Christ ressuscité ; c’est en réalité ceux que nous avons servis qui nous ont permis de rencontrer le Christ et d’en tirer une joie inépuisable ! On m’avait demandé de t’aider à prier tous les matins ; c’est en réalité toi, Rani Bala, qui m’a engendrée dans la foi. »


Pour autant, rencontrer la très grande pauvreté et les souffrances qu’elle engendre fut parfois éprouvant. Etienne, qui s’occupait d’accompagner aux toilettes et de laver des hommes arrivant au mouroir de Calcutta, écrit : « Depuis ce temps de service à Calcutta, je me sens différent – avec plus de vulnérabilités, d’angoisses, de révoltes mais aussi avec davantage de convictions, une foi renforcée et une profonde envie de m’engager pour les plus vulnérables. »

 

Pour les deux jeunes mariés, qui ont vu combien aimer peut restaurer l’autre dans sa dignité d’être humain, vivre cette expérience a créé une foule d’intenses souvenirs communs. Inès raconte que le sourire et la joie d’Etienne ont illuminé ses journées, même les plus difficiles. Elle conclut le livre par ces mots : « Je me dis que la véritable Aven’tour ne fait que commencer : l’Aven’tour de toute une vie à tes côtés, aux côtés de la rencontre qui aura véritablement changé ma vie... » Elise Tablé

 

 

Article paru dans Zélie n°35 - Novembre 2018

Crédit photo © Vermersch

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