La pédagogie du cycle liturgique

11/12/2017

 

En entamant par l’Avent une nouvelle année liturgique, nous entrons encore une fois dans cette école des mystères du Seigneur. Au fil des mois à venir, nous allons revivre l’histoire de Dieu avec les hommes : la longue attente du Messie, la naissance de celui-ci il y a 2000 ans, sa Pâque, le don de l’Esprit jusqu’à la fin des siècles. Ainsi, durant l’Avent, nous percevons mieux ce que pouvait être le monde avant la venue du Sauveur.

 

Dans notre culture de l’immédiateté, nous réalisons également que rien de grand ne se fait sans le temps : il faut 9 mois avant de prendre dans ses bras l’enfant conçu, 7 ans pour former un futur prêtre et des siècles pour préparer la venue du Sauveur !
 
L’année liturgique nous fait aussi comprendre que nous n’épuisons pas le mystère du Christ en une seule célébration. Ce déploiement sur douze mois s’est cependant fait de façon progressive, à partir de son centre : en remontant l’histoire, on peut en effet affirmer que la première fête solennisée fut Pâques – mystère bien sûr déjà célébré chaque dimanche depuis l’origine. Ces festivités étaient concentrées en une seule cérémonie nocturne, préparée par deux jours de jeûne et faisant mémoire tout à la fois du Vendredi Saint, de la Résurrection et de la Pentecôte. Puis le Triduum pascal a été mis en place, tout comme les cinquante jours qui suivent, avec l’Ascension et la Pentecôte.

 

En parallèle de ces développements, le Noël chrétien s’est imposé en Occident puis dans l’Orient qui fêtait déjà l’Epiphanie. L’Avent a été institué un peu plus tard.
Quant au Carême, il constituait la préparation des catéchumènes adultes qui allaient recevoir le baptême dans la nuit de Pâques. Les pécheurs pénitents ont ensuite été associés à cette période et finalement tous les fidèles.
 
L’année liturgique qui place devant nos yeux cette grande aventure qu’est la rencontre de Dieu avec les hommes ne nous laisse cependant pas spectateurs : nous sommes invités à vivre personnellement des mystères qui s’actualisent.

 

L’année liturgique est donc à la fois l’histoire de l’humanité et celle de chaque âme, appelée à se détacher de ses mauvaises habitudes durant l’Avent pour goûter à Noël la joie du Sauveur qui naît en elle, faisant pénitence pour ses fautes passées durant le Carême, goûtant spécialement la vie baptismale obtenue par le Christ mort et ressuscité, recevant l’Esprit qui l’envoie comme apôtre jusqu’à l’entrée dans l’éternité.
 

Notons encore que la variété des tonalités nous permet de ne pas oublier tel ou tel aspect de la vie chrétienne. Ainsi, même si l’âme chrétienne est invitée à une certaine constance dans la joie, la personne qui chercherait la fête permanente se tromperait.
 
Il reste une objection : reprendre le même cycle chaque année ne pourrait-il nous lasser ? Là encore, en suivant trop notre culture contemporaine avide de nouveautés, on risque de rester sur sa faim, faute d’avoir compris que la répétition nous forme. C’est notamment la vie quotidienne des époux qui construit ceux-ci : accomplir les mêmes gestes en les animant par toujours plus d’amour fait grandir les conjoints.

 

Il en va de même du cycle liturgique, semblable à une montagne dont nous ferions régulièrement le tour en nous élevant toujours un peu plus. Au fur et à mesure nous verrions sans doute les mêmes choses – mais le point de vue de plus en plus haut serait aussi l’occasion d’une redécouverte perpétuelle. • Abbé Vincent Pinilla, fstb
 

Article paru dans Zélie n°25 (Décembre 2017)

Crédit photo : xsonicchaos/Pixabay.com CC

 

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