6 idées pour vivre Noël dans l'esprit de pauvreté

12/12/2016

 

 

1)  Un Avent tourné vers le Christ

 

Pour éviter de passer décembre à courir les magasins et les sites de vente en ligne, et ainsi garder l’esprit libre pendant l’Avent, il est préférable de s’occuper des cadeaux en novembre. On peut installer la crèche, mais mettre les décorations de Noël un peu plus tard dans l'Avent. Et si on gardait les chants de l'Avent (Venez divin Messie) pour l'Avent, et les chants de Noël (Il est né le divin enfant) pour le temps de Noël, à partir du 24 décembre au soir ? Ainsi il y aurait une vraie progression liturgique, avec un éclatement de la joie de Noël le jour J.

 

Pour préparer son cœur et son âme, de petits guides spirituels sont édités chaque année avec prières et méditations quotidiennes, notamment par les éditons Artège, Paroisse et famille et Magnificat. On peut bien sûr réutiliser celui de l’année précédente. Des dominicains proposent la retraite en ligne « Avent dans la ville ». Parmi les livres, Noël : neuvaine et méditations de saint Alphonse de Liguori (éditions Saint-Paul) est une belle préparation.

 

Pour les enfants, les calendriers de l’Avent ne manquent pas (en évitant ceux avec des chocolats qui rentrent plutôt dans une logique de consommation que d’intériorité), mais les adultes peuvent aussi en fabriquer ou en acquérir un. Sans oublier les adolescents, avec celui de la marque Tante Menoue qui leur est dédié. On a vu passer l'idée astucieuse du « calendrier de Noël inversé » : chaque jour, on place dans un carton un produit alimentaire, d’hygiène ou encore un livre, et à Noël on offre ces cadeaux à des SDF ou à une association.

 

2) Un usage raisonné des cadeaux

 

Les chiffres sont clairs : chaque enfant reçoit en moyenne à Noël 190 euros de cadeaux, selon un sondage TNS-Sofres de 2010. Un chiffre impressionnant, alors qu’il y a quelques décennies, chaque enfant recevait souvent un seul cadeau en tout et pour tout, ce qui ne gâtait rien à sa joie. Surabondante sollicitation visuelle, peur du manque et de la frustration, envie de se faire plaisir et de se replonger dans son enfance - beaucoup de cadeaux ne sont de ce fait pas adaptés à l’âge de l’enfant - sont autant de raisons de couvrir ses enfants et parfois ses proches de présents. Le cadeau doit être un don, et non une obligation, ni un dû.

 

Pour garder la valeur de langage d’amour qu’est le cadeau et éviter la démesure, certaines familles font tirer au sort à chacun le nom d’un membre de la famille ; il existe si besoin des sites de tirage au sort en ligne dédiés. En tant que parent, offrir un cadeau par enfant est déjà amplement suffisant, pour que l’enfant ait le temps de désirer le cadeau, au lieu de l’oublier sitôt déballé. Plutôt que de revendre les cadeaux qui ont moins plu sur Internet – eBay comptait 250 000 cadeaux mis en vente dès le 25 décembre 2014 ! -, si chaque enfant était invité à donner un de ses plus beaux cadeaux à un enfant en situation de pauvreté ? (par exemple via une association caritative).

 

3)  Une fête où Jésus passe en premier

 

Pour se concentrer sur la joie de la Nativité et ne pas se laisser submerger par le stress des préparatifs matériels, il est possible de simplifier et faire un seul vrai et délicieux repas de Noël. Par exemple, après la messe du 24, on peut boire un chocolat chaud avec des brioches, et garder la dinde et la bûche pour le 25 à midi. Prendre le temps d’assister à deux messes - sur les quatre : messe de la veille, messe de la nuit, messe de l’aube, messe du jour -, vivre le temps de l’octave de Noël en participant également aux offices et en entonnant des chants de Noël lors de la prière du soir, laisser la crèche jusqu’à l'achèvement total de la période de Noël lors de la Présentation de Jésus, le 2 février, 40 jours après la Nativité... autant de manières de mettre au centre Celui que nous fêtons à Noël.

 

4)  Un Noël ouvert aux plus pauvres

 

Une étude de 2014 montrait qu’un Français sur 8 n’a aucune réelle relation sociale, soit autant de personnes seules à Noël. Participer à des opérations de « Noël solidaire » donne une autre tonalité à cette fête (lire ci-dessous). Sinon, inviter son voisin isolé – qu’il soit riche ou pauvre - est l’occasion idéale pour faire sa connaissance et lui offrir un accueil chaleureux, par exemple le 25, en réservant le 24 à la famille.

 

Pour les enfants qui ne reçoivent pas de cadeaux à Noël, Emmaüs organise une collecte de jouets d’occasion dans les grandes surfaces (laisseparlertoncoeur.org). Le Secours catholique envoie des colis de Noël aux détenus sans ressources. Offrir des cadeaux solidaires est également une bonne idée. D’autres personnes profitent de cette période pour faire un don à une association caritative, par exemple à destination des chrétiens d’Orient souffrants.

 

5)  Un Noël au monastère

 

Quoi de mieux que de consacrer entièrement les jours autour de Noël à Jésus dont c’est la naissance ? Plusieurs monastères et communautés religieuses proposent des retraites ou un programme spécial à cette occasion : regardez par exemple du côté de l’abbaye de Rhuys (Morbihan), du Centre spirituel d’Avon-Fontainebleau (Seine-et-Marne), du Sanctuaire de Pellevoisin (Cher), du Sanctuaire de la Sainte-Baume (Var), de la Communauté des Béatitudes à Nouan le Fuzelier (Loir-et-Cher), de la maison d’Andecy (Marne) de la Communauté du Verbe de Vie.

 

On peut la plupart du temps aller dans le monastère de son choix pour y séjourner et suivre la liturgie de Noël, sans retraite sur un thème particulier. Le summum serait d’aller passer Noël en Terre sainte à Bethléem... Pourquoi ne pas commencer à économiser pour le faire une fois dans sa vie ?

 

6)  Un Noël respectueux de la Création

 

Pour que cette période, rimant souvent malheureusement avec surconsommation et gaspillage, respecte durablement l’œuvre de Dieu, quelques astuces peuvent être utiles. Ainsi, un sapin naturel suscite moins d’énergie et de déchets qu’un sapin artificiel, l’idéal étant de le planter ensuite dans son jardin. Pour emballer ses cadeaux, mieux vaut utiliser du papier recyclable ; on peut aussi emballer avec du papier journal et décorer avec du scotch décoratif, ou réutiliser du papier d’un ancien cadeau, rangé proprement. Pour les cadeaux les plus volumineux, il est préférable d’utiliser un sac du magasin, ou un tissu, plutôt que de gâcher deux mètres de papier. Au sujet du repas, choisir des viandes, fruits et légumes de saison venant de commerces de proximité ou producteurs locaux est préférable. Solange Pinilla

 

 

Un Noël solidaire en croisière sur la Seine

 

 

Le 24 décembre 2016, 600 personnes en situation de précarité et 100 bénévoles du Secours catholique ont embarqué dans cinq bateaux-mouches pour un réveillon de Noël sur la Seine.

 

Cela fait plusieurs années que cet événement a lieu, permettant à ces personnes fragilisées, suivies au long cours par le Secours Catholique et l’Association des cités du Secours catholique, de ne pas passer Noël seules.

 

Familles en situation de pauvreté, SDF et réfugiés arrivent dans leur plus belle tenue en début de soirée, accueillis par les bénévoles qui ont installé les tables et décoré les bateaux-mouches. À chaque tablée, des bénévoles sont chargés de « briser la glace » et les langues se délient tandis que le bateau remonte la Seine.

 

« Un climat de confiance s’installe, raconte Micheline Bourny-Thaumiaux, chargée

d’organiser l’événement. Les gens racontent leur reconstruction, la course aux papiers ou la hantise de vivre dans la rue. Il y a aussi une grande excitation pendant cette soirée, en voyant la Tour Eiffel illuminée crépiter, les monuments de Paris... Puis nous dansons. Au début de la soirée, un mot de bienvenue rappelle ce qu’est Noël pour les chrétiens, et pour les autres religions, étant donné que la plupart de nos invités sont musulmans. »

 

Micheline se rappelle un réfugié qui a dit : « Il n’y a pas longtemps, j’étais dans un pays en guerre, là je vois Paris et tous ces beaux monuments illuminés... » Pour ces personnes, ce réveillon est un espoir pour la suite. Micheline confie qu’ayant été privilégiée, c’est important pour elle de rendre ce qu’elle a reçu. S.P.

 

 

Article paru dans Zélie n°15 - Décembre 2016 - Crédit photo : Georges de la Tour, « Le nouveau-né »/Wikimedia commons CC  - © Secours Catholique

 

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