Les amoureux bienheureux

14/1/2016

 

Il y a déjà quinze ans, Maria et Luigi Beltrame Quattrocchi étaient le premier couple à être béatifié, bien avant Louis et Zélie Martin.

 

« Je prends tes mains et je les pose sur mon visage, sur mon coeur, sur ma bouche et je les embrasse un million de fois. » « J’ai embrassé cette fleur que je porte toujours avec moi et il m’a semblé que j’embrassais tes lèvres tellement j’y ai mis de passion. » Ces paroles ne viennent pas d’une chanson romantique, mais de lettres échangées par Maria et Luigi Beltrame Quattrocchi, que l’on peut découvrir dans Une auréole pour deux de Attilio Danese et Giulia Paola Di Nicola (éditions de l’Emmanuel). 

 

Ils forment le premier couple de l’histoire proposé par l’Église comme modèle de vie conjugale et familiale, avant Zélie et Louis Martin : en 2016, nous fêtons les quinze ans de leur béatification.


Née en 1884, Maria Corsini vient d’une famille florentine aisée. Après plusieurs déménagements, la famille s’installe à Rome, où Maria fréquente une école de commerce et acquiert une vaste culture littéraire et musicale. À l’âge de 17 ans, elle fait la connaissance de Luigi, étudiant en droit. Très vite, leur amitié se transforme en un sentiment plus profond. Ils se marient à la basilique Sainte-Marie-Majeure le 25 novembre 1905. Un petit garçon, Filippo, naît l’année
suivante ; il sera bientôt suivi de Stefania et Cesare.

 

En 1913, Maria, qui attend son quatrième enfant, souffre de violentes hémorragies. Le gynécologue est formel : un avortement permettra de sauver au moins la vie de la mère. Maria et Luigi refusent cette solution. Au huitième mois, la petite Enrichetta vient au monde : la mère et l’enfant sont en pleine forme. Maria découvre la valeur inestimable de ce qu’elle appelle le « sacerdoce maternel ».


À la maison, l’atmosphère est simple, studieuse et joyeuse. Les loisirs culturels (théâtre, opéra) et sportifs (promenade, vélo) ne sont pas négligés, mais le véritable pilier de la famille est la foi partagée par Maria et Luigi, qui la transmettent à leurs enfants (qui deviendront prêtres, religieuse et laïque consacrée) : messe chaque jour, prière à l’heure des repas, consécration au Sacré-Coeur. Les parents insistent sur l’attention à la présence de Dieu dans la vie quotidienne.


Si Luigi est très pris par sa profession de magistrat et son engagement auprès des jeunes, Maria ne chôme pas non plus. Elle développe un « apostolat de la plume » en écrivant de nombreux livres et articles sur des questions éducatives et familiales. C’est pour elle un moyen de servir Dieu. Son désir d’aider les autres se traduit de bien des façons : elle enseigne le catéchisme, devient infirmière volontaire à la Croix-Rouge, rend visite (avec ses enfants) aux habitants des quartiers défavorisés... En avance sur son temps, elle crée même des parcours pour fiancés, consciente de l’importance d’une préparation solide au mariage.


Les années de vie commune intensifient le lien entre les époux. Bien sûr, il y a parfois des incompréhensions, des divergences d’opinion, mais cela ne dure jamais longtemps. Ils fondent leur amour sur leur confiance en Dieu : « Jésus est avec nous et il nous regarde continuellement avec ce regard rempli d’un amour immense. Regardons-le, nous aussi, pour ne pas le laisser seul à nous aimer. »


Luigi décède en 1951 d’une crise cardiaque. Sa mort, pourtant, ne signifie pas que le lien soit rompu. Maria, qui rejoindra son époux quinze ans plus tard, écrira : « Luigi est toujours l’amour et le regret inguérissable de tous, lui qui pourtant nous assiste, nous est proche et nous aime autant et plus encore, si c’est possible, qu’avant… Peu à peu, il m’accompagne toujours plus, surtout dans la prière, à la communion, devant l’autel. » • Laetitia Cordonnier

 

Article publié dans Zélie n°5 (janvier 2016)

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