Vivre sa foi dans l’univers du luxe

12/1/2016

  

« S’habiller en Prada sans vendre son âme au diable », tel est le sous-titre du mémoire d’Aliénor Gamerdinger à la fin de son master de marketing de luxe en 2015.


Alors qu’elle était conseillère de vente chez Louis Vuitton, Aliénor Gamerdinger, 24 ans, s’est posée de nombreuses questions sur le rapport entre mode et religion. « Le milieu du luxe m’a attirée car c’est un univers où tout est beau, raconte-t-elle. Il y a des moyens financiers énormes, ce qui permet de jouer avec le rêve, de faire des mises en scène et de faire appel à de l’artisanat et des matériaux rares. » C’est aussi de faire perdurer un héritage tel que celui de maisons françaises de luxe, qui l’a passionnée. « Certes, les prix des articles sont exorbitants, mais la rareté et la qualité sont réelles » affirme-t-elle.

 

Après une licence de commerce à l’Institut catholique de Paris, la jeune fille a commencé à travailler comme conseillère de vente chez Louis Vuitton, afin de financer ses études : elle a fait une première année de master de communication et marketing, puis un master à l’École internationale de marketing du luxe (EIML Paris), de 2013 à 2015.

 

Aliénor a beaucoup apprécié son travail chez Louis Vuitton, avenue des Champs-Elysées ; « 80 % de la clientèle est internationale, et j’ai aimé rencontrer les clients ; ceux du Moyen-Orient sont particulièrement chaleureux et souriants ! confie-t-elle. Je trouve qu’il est agréable de travailler dans un magasin de luxe, car le personnel aime le beau et la culture et a beaucoup de choses à raconter. »


Ayant des réductions sur ses achats, la jeune fille a acquis quelques sacs Vuitton. « Lors d’une retraite de Saint-Ignace, je me suis rendue compte que j’avais acheté ces sacs simplement pour me mettre au-dessus des autres ! Les sacs à main et les chaussures peuvent avoir un effet ostentatoire – contrairement aux vêtements, sans logo, qui offrent surtout de la qualité et du confort. »


Lorsqu’elle a redécouvert la foi catholique, il y a quatre ans, Aliénor s’est interrogée sur la façon dont elle s’habillait. « Je n’avais pas envie de m’habiller comme le milieu catholique pratiquant, dont les codes s’apparentent souvent, en France, à celui d’un milieu social conservateur. En cherchant comment m’habiller à la mode, de façon moderne mais aussi décente, je me suis intéressée la « modesty fashion ».


Ce courant concerne notamment les femmes juives qui cherchent à respecter la « tsniout » – code vestimentaire suivi par les courants juifs orthodoxes –, tout en portant des vêtements luxueux à la mode. Fait rare parmi les catholiques, Aliénor peut parfois s’inspirer des blogueuses et instagrameuses « tsniout » afin d’y trouver des astuces pour savoir porter quel manteau avec telle robe. « Je trouve des tenues tendance chez Zara, H&M ou Asos qui me correspondent. »

 

Elle conclut : « Les gens voient leurs clichés s’envoler quand ils apprennent que je vais à la messe plusieurs fois par semaine, que je m’intéresse à la mode et que j’ai travaillé chez Vuitton.» En rédigeant un mémoire sur « Mode et religions » avec un camarade de master, elle a approfondi ces questions, ce qui l’a tellement passionnée qu’elle a obtenu la note de 18/20. • Élise Tablé

 

 

Article paru dans Zélie n°5 (Janvier 2016)

Crédit photo : Gavin Gilmour/Wikimedia commons

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