Charles et Zita, des artisans de paix

18/4/2016

 

Il y a cent ans, Charles et Zita étaient proclamés empereur et impératrice d’Autriche-Hongrie. Portrait d’un couple uni et engagé.

 


9 mai 1892, province de Lucques, en Toscane : on fête la naissance de Zita de Bourbon-Parme, dix-septième d’une famille de vingt-quatre enfants. Ses parents sont Robert de Parme (dernier souverain du duché) et Maria-Antonia de Bragance, fille du dernier roi du Portugal.

 

Après une jeunesse passée entre l’Italie, l’Autriche, la France et l’Angleterre, Zita se fiance en 1911 avec son cousin par alliance, l’archiduc Charles de Habsbourg - petit neveu de l’empereur François-Joseph, l’époux de la célèbre impératrice Sissi. La veille de leur mariage, ils se font la promesse de « s’aider réciproquement à aller au Ciel. » 

 

Le 28 juin 1914, leur vie bascule avec l’assassinat, à Sarajevo, de l’archiduc-héritier François Ferdinand : alors que la guerre fait rage, Charles, qui n’a que 24 ans, monte sur le trône en qualité d’empereur d’Autriche, roi de Bohême et roi de Hongrie. L’empire compte de nombreuses cultures, religions et langues.

 

Assisté par son épouse, Charles s’engage corps et âme dans son nouveau rôle en se montrant particulièrement soucieux des autres, qu’ils soient soldats ou civils (ouverture de cantines populaires, distribution de charbon…). Il défend la dignité de l’homme et la vie humaine, et sera le tout premier chef d’état à créer un ministère des Affaires sociales. Par-dessus tout, il cherche à réinstaurer la paix, sans jamais pourtant y parvenir. 
     
La République d’Autriche allemande est proclamée en 1919, et l’empereur prié de s’effacer. Charles et Zita s’exilent, vivant tour à tour en Suisse, en Hongrie et finalement à Madère où Charles décède, âgé d’à peine 34 ans. Il est l’unique chef d’état européen laïc du XXe siècle à avoir été déclaré bienheureux. L’église le fête le 21 octobre, jour anniversaire de son mariage avec Zita, soulignant par là toute la force du lien matrimonial.

 

Zita va dès lors assurer seule l’éducation de leurs huit enfants, n’hésitant pas à déménager plusieurs fois pour le bien de ceux-ci ; ils vivront ainsi en Espagne, en Belgique (pour qu’ils puissent étudier à l’université de Louvain), et enfin au Québec. L’ancienne impératrice n’oublie pas son pays et, après la Seconde Guerre mondiale, donne de nombreuses conférences aux états-Unis et au Canada dans le but de lever des fonds destinés à aider l’Autriche et la Hongrie ravagées par le conflit.

 

De retour en Europe pour prendre soin de sa mère malade, elle fréquente très régulièrement l’abbaye bénédictine de Solesmes, dont elle est oblate depuis plusieurs décennies. à l’âge de 90 ans, elle est enfin autorisée à retourner en Autriche ; elle s’éteint quelques années plus tard en 1989. Son procès de béatification est en cours. 

 

Profondément croyants et amis des hommes, Charles et Zita se sont toujours montrés attentifs à la présence de Dieu dans leur vie. Quelques instants avant sa mort, Charles confie à son épouse : « Je t’aime infiniment, nous nous retrouverons au Ciel dans le cœur de Jésus. » Par ses mots, il signifiait non seulement son espérance de retrouver un jour sa bien-aimée au paradis, mais aussi sa certitude de la retrouver chaque jour, lui au ciel et elle sur terre, dans le cœur du Christ. • Laetitia Cordonnier


 

Article publié dans Zélie n°8 (Avril 2016) - Crédit photo Carl Pietzner/Wikimedia commons

 

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