Réduire ses déchets

15/3/2016

 

 

590 kg : c’est le volume moyen de déchets ménagers que chacun de nous produit chaque année en France selon l’Ademe, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Le recyclage ne couvre pas tous les types de déchets et n’est pas sans conséquence sur l’environnement. Quelques gestes très simples permettent de mieux respecter la Création.

 

Pourquoi produisons-nous deux fois plus de déchets qu’il y a 40 ans ? La société de consommation et la « culture du déchet » dénoncée par le pape François n’y sont pas pour rien. Parfois, il suffit de revenir aux astuces et au bon sens de nos grands-parents, pour qui tout objet ne devenait pas déchet en peu de temps. Ces quelques conseils, non exhaustifs, sont inspirés notamment de la campagne nationale « Réduisons nos déchets » et du récent documentaire de Donatien Lemaître Ma vie zéro déchet.

 

Alimentation


Faire les menus à l’avance permet d’éviter le gaspillage. Pour ne pas utiliser de nombreux emballages, on peut acheter en formats familiaux puis  congeler si besoin. On peut éviter les plats préparés : plus un produit est déjà cuisiné, plus il a d’emballages, et plus il y a eu d’emballages au cours de son élaboration  L’idéal est d’acheter les fruits, légumes, céréales, fromages et charcuterie en vrac ou à la coupe, que ce soit au marché – où l’on peut apporter sa boîte hermétique –, en magasin bio – où l’on distribue des sachets biodégradables voire compostables – ou simplement en hypermarché. Bien sûr, mieux vaut éviter les sacs plastique et apporter son cabas. 
 

« Je garde beaucoup de pots et autres emballages pour jouer dans le bain des enfants, emporter en pique-nique ou réutiliser » raconte Pauline. Clotilde, maman de trois enfants, prend le temps de faire elle-même le pain, les yaourts, les fromages blancs, les compotes et les desserts. 
 

Si l’on a un jardin, on peut se lancer dans un potager, et acheter des poules qui mangeront certains déchets végétaux et agroalimentaires (en plus de pondre des œufs !). Un compost permet de transformer les matières organiques en terreau. En ville, des jardins partagés le proposent et l’on peut généralement faire une demande pour mettre en place un compostage collectif dans sa cour d’immeuble. 
 

Si ce mode de vie nécessite d’y consacrer du temps, il est plus sain et allège le portefeuille à long terme. De plus, retrouver le lien à la nature, par exemple en cueillant des mûres sauvages l’été ou en achetant directement au producteur, quand c’est possible, permet d’éviter ce qui n’est pas de saison et vient de l’autre bout de la planète.

 

Boisson


Pour éviter d’acheter des bouteilles d’eau – hors exception, comme les nourrissons –, on peut boire l’eau du robinet en utilisant une carafe filtrante, en pensant à changer régulièrement la cartouche filtrante. Certains cavistes proposent la consigne : on rapporte sa bouteille et on la remplit de vin sur place. Le prix baisse ! Et au bureau, on peut apporter sa tasse plutôt que d’utiliser les gobelets en plastique.

 

Hygiène et produits ménagers


Pour éviter les bouteilles et contenants, mieux vaut préférer le savon au gel douche. Il existe du shampoing, du déodorant et du dentifrice solides. On peut utiliser des brosses à dents et rasoirs manuels à tête amovible. Savez-vous qu’une femme utilise près de 2 000 cotons démaquillants par an ? Avec les carrés démaquillants lavables, on évite ce gaspillage. Idem pour les tampons et serviettes hygiéniques : une femme en utilisera près de 10 000 au cours de sa vie ; on peut se tourner vers les serviettes hygiéniques lavables en coton bio, ou vers la coupe menstruelle (la fameuse cup !). 
 

Côté mouchoirs, revenir aux mouchoirs en tissu semble une bonne idée. Enfin pour les bébés, les couches lavables sont une alternative, tout comme les lingettes réutilisables pour le change. 
 

Pour les produits ménagers, utiliser les éco-recharges limite l’emballage. Clotilde conseille « le basique-qui-sert-à-tout : le vinaigre blanc et le bicarbonate de soude ! » Pour le ménage et la vaisselle, on voit se développer les chiffons microfibres, avec des fibres différentes selon l’usage. 

 

Papier


Avant d’imprimer, on peut se demander si c’est vraiment utile, puis préférer le recto-verso et garder les verso vierges comme papier de brouillon. Concernant la publicité, il suffit de coller sur sa boîte aux lettres le « Stop pub » fourni par sa collectivité.

 

Vêtements, livres et meubles


Et si on se remettait à repriser les chaussettes au lieu de les jeter systématiquement ? Pour les livres, meubles et objets en tout genre, mieux se poser la question avant de jeter : puis-je les faire réparer, les revendre ou les donner à une association ? On pense à Emmaüs, au Secours catholique, aux boîtes à livres qui se développent dans les villes, aux vide-greniers, dépôts-ventes ou encore aux ressourceries, qui donnent une seconde vie aux objets. •

 

Témoignage : Élisabeth, sur la voie du zéro déchet

 

Suite à la visualisation de l’émission Poubelles : un monde sans déchets ? et à la lecture de Laudato Si, Élisabeth, son mari et leurs deux enfants ont commencé à diminuer leurs déchets depuis quelques mois. Ils sont passés d’un sac poubelle de 30 litres tous les jours à un tous les trois jours. 
 

Parmi leurs astuces : acheter en vrac et mettre dans des bocaux, demander à la boulangère de ne pas emballer le pain et au pharmacien de ne pas donner de sachet, faire des mouchoirs en tissu dans de vieilles chemises, se mettre au no-poo (technique consistant à se laver les cheveux sans shampoing), utiliser l’huile de coco comme déodorant ou encore emballer les cadeaux avec du papier journal. « Je trouve que c’est assez long à mettre en place,  confie-t-elle. Mais c’est très gratifiant de voir nos déchets diminuer, notre vie se simplifier énormément. C’est comme libérant. »Anna Pi

 

 

Article publié dans Zélie n°7 (Mars 2016) - Crédit photo : Kaboompics CC

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